Quatrefa|,'es et Hamy, Cranta elhniea, p. o
2. E. Cliantre, Rapport >iur une misiion scientifique dans l'Asie occidentale [Archives des missions scientifiques cl tilti'raires, 1883); tirage à paît, p. 45.
Sans nier l'inlliiencc de la dcforMialion artiliciello, la dernière eause énuneée nie parait la prépondérante. C'est de la même manière que s'est constituée la race dite iranienne de la Perse orientale et septentrionale. Elle est devenue soiis-lirai-iiycépliale par l'influence touranienne. 11 faut remonter jusqu'aux: i»remiers âifes du fer pour trouver dans ces contrées la race aryenne pure, sous-dolicboeéphale on doliclujeéitliale. Actuellement elle n'a pas plus de représentants que dans les montagnes du Fars et du Loristan.
Ces considérations deviendront plus précises lorsque nous aurons passé en revue les différentes populations de l'empire persan. J'ai cru cependant devoir y insister parce que les idées de Khaiiikoff sont devenues classiques et ont été reproduites par tous les géographes qui traitent de l'Asie centrale.
ARYENS
1° FARSIS
Depuis Sourmek au nord jusqu'à la frontière méridionale de la Perse, et du golfe Pcrsiipu' jusqu'à Yezd à l'ouest, est situé le pays occupé par les Farsis. Par leur costume et leurs traits ils se séparent nettement des Persans du nord. Arrivé à Meehlied-y-Maurghâb (Meelilied-Mourgab), le voyageur se trouve au milieu d'une autre race, qui se distingue surtout par la luuuiee plus claire des cheveux'. La taille est plus élancée; le rapport de longueur entre les jambes et le torse est plus harmonieux; les yeux sont ovales et largement fendus. Coiffés de la haute tiare de feutre souple, avec leur barbe très longue et très fournie, leur allure à la fois élégante et vigoureuse, ils sont comparables aux plus beaux représentants du rameau européen de la race. Ils ont la peau très blanche dans les parties recouvertes par les vêtements, facilement mordue itar le hfde sur la figure et les mains. Les cheveux et la barbe sont plus souvent châtains que noirs. On trouve même quelques blonds aux yeux bleus. Ils ont le milieu de la tète rasé du front à l'occiput; mais l'abondante chevelure qui croît sur les côtés retombe sur le cou en épaisses boucles. Les Perses cjui ont servi de modèles aux sculpteurs de Persépolis étaient leurs ancêtres directs. C'est exactement le même type, à peu près le môme costume.
Khanikoff avait été frappé de la mâle beauté des habitants du Fars; en essayant de tracer la limite occidentale de la zone occupée par les Tadjiks, il écrit : En s'avançaut vers l'ouest, « à Yezd et à Kirman on commence déjà à apercevoir l'influence du type de la Perse occidentale sur l'extérieur des habitants : les tailles sveltes, les yeux taillés en amande, les nez proéminents et aquilins, l'ovale allongé du visage s'y trouvenl eu majorité' ».
On s'attendrait, après cette énumération de traits aryens, à voir l'auteur conclure que les Tadjiks, ayant ces caractères à un moindre degré que les Farsis, sont moins purs qu'eux. Il n'en est rien : Khanikoll' préfère admettre que ceux-ci ont varié. « En examinant les sculptures des anciens monuments persans, nous avons eu, dil-il, l'occasion de remarquer que, sous les Achéménides, une certaine partie de la population de l'empire de Cyrus avait acquis les traits principaux (jui caractérisent maintenant les habitants de la Perse occidentale'. »
Le Fars, avec sa succession de plaleaux séparés [)ar des rampes escarpées, avec ses délllés sauvages, ses torrents qui coupent au i)rinlemps tous les passages, était, par la nature de son
1. M""^ .lano Dioulafoy, la Perse, la Chahh'e et ht Sii^iaiir, p. :îOI.