‹ L'Acte d'Administration en Droit Privé FrançaisChapitre 37 sur 56 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Essai d'une théorie générale de l'acte d'administration.

Quand Henri II vint annoncer à sa mère mourante l’assassinat du duc de Guise, Catherine de Médecis lui répondit, dit-on : « Ce n'est pas Le tout de tailler, mon fils, il faut recoudre. » Parole profonde dont il nous faut faire notre profit! Aussi, après avoir rejeté successivement les théories émises en la matière, il nous faut voir s’il ne nous est pas possible d’édifier une construction juridique adéquate à la réalité et répondant aux besoins sociaux. On détruit vite, mais on ne reconstruit que lentement, nous en voyons — hélas! — tous les jours de multiples exemples. La critique est aisée, mais l’art est difficile. C'est à cette tâche ardue qu'il faut maintenant nous consacrer.

Les théories que nous avons précédemment exposées et critiquées ont cependant à nos yeux un immense mérite : elles ont déblayé le terrain. En émettant des propositions contestables, mais aussi en énonçant d’excellentes idées, elles ont ouvert la voie. Semblables à ces éclaireurs précédant les fortes colonnes, elles ont donné des coups de sonde, découvrant l'espace libre là où il n’y avait rien, dénonçant le danger en tombant dans une embuscade. Nous devons donc

exploiter leur expérience chèrement acquise. Mais si, pareils à nos devanciers, nous ne réussissons pas, c'est que, nous aussi, nous serons tombé dans un piège encore inconnu, et ce sera l'utilité, négative il est vrai, de cette étude, de l'avoir mis à jour,

Page 1