LES RELATIONS EXTÉRIEURES DE L'ACTION
de plus en plus conforme à son vœu : l’action qu’elle marque de son empreinte, qu'elle détache d’elle comme une créature distincte et qu'elle livre à la circulation, semblable à l'être vivant qui s’'épanouit à la puberté pour attirer les poursuites, contracte alliance avec l’objet de son désir, et ne perd la virginité que pour devenir féconde à son tour. |
Dans l’étude de cette collaboration apparaît un double mouvement à décrire, une convergence à partir d’un plan de symétrie. L'opération qui procède de moi et qui va, à travers l’exécution matérielle et les phénomèmes sensibles, se soumettre au déterminisme brut des faits morts, a besoin, pour aboutir, de suivreune filière inverse et de servir d’aliment à d’autres forces qui en régénèrent la vie cachée et en secondent plus ou moins lesintentions. Ainsi donc j'étudierai successivement la propagation de 4 Pacte initial jusque dans le corps du signe qui en est l’expression naturelle; puis le mécanisme des phénomènes qui sont le lien | matériel de tout échange et de toute collaboration; enfin l’in- ; fluence qu’exerce l’action là où elle opère, l’écho qu’elle éveille hors d'elle, la réponse qu’elle reçoit en retour de ses avances. Mais là même où nous sollicitons une coopération étrangère et une réponse du dehors qui suppose un mouvement issu d’ailleurs que de nous, ce mouvement de retour est, lui aussi, enveloppé par la primitive ambition de la volonté. Si agrandi que soit le champ de notre action, linitiative des forces extérieures à l’individualité même est encore immanente au premier désir. Qui agit semper idem est.