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L EXPRESSION NÉCESSAIRE DE L'ACTION

vitudes, voilà l'intermédiaire d’une liberté qui s’y naturalise pour parler aux brutes du dehors le langage des brutes.

Il n’v a donc point à se préoccuper de la façon dont l’expression de l'acte se manifeste au dehors, comine si ce dehors avait une subsistance définie, ou comme si le déterminisme scientifique était une loi de l'être, la loi d'une Physique métaphysique qui est un fantôme. On a vu comment, dans le système des phénomènes, les décisions subjectives entrainent leurs conditions objectives. C’est là l'important : car la science des relations positivement déterminées entre les phénomènes établit que ce déterminisme apparent est absorbé par la connaissance même que nous en prenons. Le signe sensible est une suite naturelle de l’opération intérieure à l'agent; et dans ce que cette expression a de sensible ou de matériel, il n’y à rien de plus à expliquer.

Ce qui reste à découvrir, le voici donc. C’est le sens de cette expansion continuelle qui entraine l'agent à la nécessité apparente de s'exprimer; c’est l'inspiration et le rôle et le but des signes même invisibles qui font de l'individu un centre de rayonnement; c’est la raison du besoin scientifique lui-même. Car tout se tient dans le déploiement de nos actes; et il faut comprendre à quelle aspiration profonde répond, sur quel vœu secret se fonde l'institution des signes, du langage et du symbolisme même de la science positive.

Il y a donc à édifier une science de la mise en œuvre des connaissances empiriques et scientifiques. Non qu'il s'agisse de construire une théorie du travail humain et des progrès de la technique, comme tente de le faire ce qu’on a nommé la praxéologie. Car l’étude des procédés pratiques ou des méthodes scientifiques suppose une recherche antérieure. D'où vient en effet que l’homme s’insère efficacement dans le monde des phénomènes? Par où son action médiatrice opère-t-elle, à l’aide des symboles arbitrairement constitués dont elle exploite l'utilité pratique”? Bref, quelle est la raison profonde de tout son déploiement dans le monde que nous appelons extérieur à nous?

Cest pour répondre à cette question qu’on doit scruter la nature et la portée du signe inhérent à toute opération de l'homme, si intime qu'on la suppose. Rien, dans l’expansion de la volonté, n’est superflu et ne reste en dehors de la série des moyens qui lacheminent à ses fins. [l pourrait sembler que l'expression toute spontanée et toute impalpable du travail organique et mental est

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