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Dans le corps sensible de l’acte invisible il y a une unité idéale. Et cette unité intérieure du phénomène expressif, c'est l'intention, mais l’intention déjà en voie de se réaliser. Le signe, que peutêtre on serait tenté de prendre pour un appendice accessoire, là surtout où il est involontaire et imperceptible, marque un progrès effectif de la volonté; il répond à un besoin réel; il est conforme et utile à l'intention primitive, en l’acheminant vers son achèvement.
Il y a donc un rapport entre l'expression naturelle de l'acte, et la fin plus ou moins intentionnelle qu'il se propose. Le langage des émotions est l'ébauche spontanée des mouvements propres à contenter les besoins ou à parer les dangers; un geste esquisse souvent tout un drame en action. Ce qui est vrai d’une mimique, d’un jeu de physionomie, d'une attitude entière, l’est également des traces les plus infimes de l'activité opérante. L'expression immédiate de la vie intérieure est la matière et comme la substance sensible des désirs et des états invisibles qui, recueillis par la réflexion, nous amèneront à poursuivre des fins distinctes et à produire des œuvres particulières. Cette expansion nécessaire a donc un sens; et ce sens, c’est dans le dessein de la volonté en quête de son accroissement qu'il se trouve : rien donc qui ne rentre dans le plan volontaire de notre vie, rien qui n’y serve, pas même la manifestation spontanée de nos opérations intimes et l'unité expressive de l’acte.
Du moment en effet où l’opération voulue et inaugurée marque son empreinte dans le déterminisme des faits, du moment où elle tend à déterminer selon son orientation propre le système total, la volonté dévoile peu à peu sa puissance ct son ambition. Elle commence à pénétrer le monde de ses intentions comme elle en avait déjà pénétré l’organisme. Elle aspire à devenir comme l’âme de tout ce qui l’environne et la sert. Elle prétend gagner l'univers et le dominer en l’absorbant. Le mouvement naturel de l'égoisme n’est-il pas de se faire le centre et de tout rapporter à soi seul? ce qu’il demande, n'est-ce point de posséder tout l’objet extérieur comme le complément et la dépendance de son caprice souverain? Ainsile signe qui exprime au dehors l'opération motrice