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COMMENT L'EXPRESSION DE L'ACTION EST-ELLE POSSIBLE

sciente, devient le principe des signes plus ou moins naturels ou voulus, des œuvres plus ou moins artificielles et difficultueuses qui développeront la pensée et l’empire de l’homme. Mais désormais, méme dans ce qui va sembler venir d'ailleurs que de nous, toujours il faudra se rappeler cette initiative qui domine tous les accroissements futurs. Le double mouvement, centripète et centrifuge, qui compose le rythme de l’expansion vitale, est également compris dans un même dessein de conquête. Cause efficiente et cause finale sont donc, par un progrès alternatif, les formes mobiles d’une mème tendance de la volonté vers une extension nouvelle de son empire.

Mais comment suborner les forces étrangères dont le concours parait indispensable à toute production et au plus rudimentaire des signes naturels? Déjà il avait fallu étudier les luttes intimes de l'opération volontaire contre les résistances organiques. Et avec quelles difficultés, mais aussi avec quels résultats la volonté concerte les forces diffuses ou rebelles pour en composer l'individu, on s’en souvient. À présent, l'obstacle semble encore accru; car l’action n’ébranle plus seulement l'organisme en ses profondeurs, elle a besoin d'intéresser à son œuvre l’univers ambiant. Sans doute, par les enseignements de l'expérience et des sciences, elle réussit à dominer ces puissances mystérieuses dont elle est entourée. Mais c'est de ce succès même qu'il faut rendre compte. À quelles conditions cette réussite est-elle possible, et que suppose-t-clle à la fois dans l'agent qui la provoque et dans l’agi qui la permet ou la seconde? — N'est-ce point qu’il y à, autour de nous comme en nous, des sujets virtuellement conformes à nos desseins et accessibles à l'influence des signes naturels de nos actes” Toute action est une demande de concours, et déjà une obtention de secours. Cest ce que la suite montrera. |

Aussi le signe mérite-t-il doublement ce nom. D'abord, sous le système de phénomènes organisés qui le constitue, il manifeste un dessein d’accroissement. Ensuite, pour avoir son efficacité, pour réussir même à se constituer, il a besoin d’être reçu, compris, rendu par le milieu où il paraît. L’action ne se produit dans l'atmosphère dont elle est enveloppée qu’en intéressant à son apparition même ce qu'elle ignore et ce qu’elle n’atteint pas encore. À se placer au point de vue de l'individu, il semble que son expansion spontanée expire ici; car c’est à partir d'ici que, remontant des phénomènes bruts, dont le signe est revêtu, jus-

OÙ TEND L'EXPANSION NÉCESSAIRE DE L'ACTION? 213 qu'aux forces capables d'en restituer la signification, nous verrons peu à peu des auxiliaires se prêter à notre action initiale, Mais cette collaboration même, ce concours actif d’alliés étrangers ct

en apparence indépendants reste compris dans le sens originel du.

signe. (en est assez pour faire comprendre la prétention idéale de la volonté sur le monde entier : mais comment elle se réalise, en obtenant une coopération effective, il reste à le rechercher.

Peu de vérités moins remarquées et aussi dignes d'attention que celles-ci : — 1° Toute action intéresse nécessairement le milieu étranger où elle s'exprime, et cette expression même n'est possible que par une complaisance immédiate d'autre chose que l'agent. — 2° Cette trace naturelle de l'opération est un système intelligible de phénomènes où se marque l'intention subjective et. qui en constitue un premier accroissement; elle se rapporte moins à la cause efficiente dont elle est l'expression qu’à la cause finale vers laquelle elle est déjà un acheminement. — 3° Toute production est ainsi, non pas seulement un arrangement de faits sensibles, mais un concours et une synthèse d'opérations issues d'agents étrangers. Et pourtant ces opérations, dont les origines semblent indépendantes ou mème divergentes, sont enveloppées dans un même vouloir.

L'intention en voie de se réaliser ne descend donc sur le terrain des phénomènes bruts que pour v trouver et qu'en y trouvant déjà écho, complicité et coopération. Cest un fait que l'action s'exprime forcément par un signe, et qu’elle prend place dans le déterminisme total. Ce fait, il a fallu le comprendre; et qu'est-ce que le comprendre, sinon le ramener au développement normal et conséquent de la volonté, en montrant que sous cette apparente contrainte est recélé le germe de tout son épanouissement futur.

Au chapitre suivant d'étudier la réponse provoquée par l’agent,le concours brut et forcé qui complète nécessairement son initialive, en un mot la coaclion, à la fois au sens étymologique et au sens usuel du mot. Apres ce qu'on à nommé l'exesrgie, C'est donc, si l'on peut dire, l'allergie, « Paction des autres » qu’il faut analyser, mais une action qui demeure tout entière suspendue à liniliative de lagent. La conclusion de celte étude, ce sera de montrer la volonté toujours présente à l'œuvre qu'elle semble pourtant n'avoir point produite par elle seule, toujours besogneuse d'une plus large extension, toujours en quête d'une plus intime et plus docile collaboration,

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