‹ L'actionChapitre 128 sur 273 · DE L'ACTION SOCIALE À L'ACTION SUPERSTITIEUSE · texte numérisé non relu

DE L'ACTION SOCIALE À L'ACTION SUPERSTITIEUSE

L'union féconde des volontés et l'extension universelle de l’action.

La vie individuelle est forcément amenée à s'ouvrir et à se répandre; elle fait concourir d’autres forces à ses fins; elle cherche au dehors un complément; elle espère une confirmation et comme un redoublement de sa propre énergie. Puisque l'individu ne peut se fermer ni ne veut se garder seul et tout en soi, il aspire à revivre en autrui.Ïl transporte pour ainsi dire son centre d'action, non plus en son œuvre extérieure, ni même en cette coopération qui lui permet d'étendre son pouvoir et son influence, mais dans l’union intime qu’il contracte avec un autre lui-même. Ne va-t-il pas ainsi multiplier en quelque façon et emplir sa propre vie? Il se donne donc, afin de retrouver, dans ce qu’il reçoit en échange, tout ce qu'il était déjà, — ce qu'il était, mais sans pouvoir retenir seul l’abondance de sa propre vie. Et par un succédané de l’égoïsme, qui semble un « altruisme » conditionnel et réciproque, il répand son ardeur rayonnante, mais pour qu’elle lui soit réfléchie plus chaude et concentrée.

De même que dans les ondulations sonores il y a des nœuds, ou que dans la diffusion lumineuse il se forme en certains cas des foyers virtuels, l’action ne se disperse pas sans retour et sans concentration ultérieure. Ainsi s'établit, par actions et réactions simultanées, une circulation et un échange de vie à vie. De deux êtres, il se forme une seule et même fécondité; il se constitue, si l’on peut dire, une cœnergie. Ce n’est plus une simple coopération, réduite à produire une œuvre qui peut-être parait vivre,

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