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L'UNION FÉCONDE DES VOLONTÉS

mais qui ne vit réellement pas. C’est comme une substance double, qui vit et qui produit la vie; c’est une société réelle, et une existence unique dans sa multiplicité même; c’est une communauté qui fonctionne comme un organisme prolifique, et dont c’est l’union même qui fait la fécondité. Il ne s’agit donc plus de confier une intention à la lettre morte d'un signe : il s’agit pour l’homme de revivre en son œuvre et de s’y multiplier. Quel est le sens de ce prodige?

Tout en se répandant, l’homme veut être payé de retour. S'il va d’instinct s’abriter dans un système clos, comme pour recueillir le rayonnement de sa vie par un double mouvement de don et de reprise, c’est encore pour atteindre en lui ce qui lui échappe en lui-même. S'il cherche en autrui, c’est afin de se trouver davantage. Qu'il le remarque ou non, il appartient à des groupes naturels où ses actes non seulement s’allient à d’autres actes pour former une œuvre commune, mais où ils procèdent de la fédération sociale; ils en sont la fonction vitale. Ici l’union n'est plus seulement un effet, elle est une cause; et ces actes vraiment sociaux supposent comme un hymen déjà consommé entre les êtres dont ils concertent les volontés. Ils emploient donc en nous des énergies qui ne sont rien si elles ne sont fécondées. C’est une alliance à conclure avec toutes les formes de la vie, afin de définir en nous les puissances ignorées qui tendent, par l’action, à nous insérer à la vie universelle. Ainsi le centre de notre équilibre intérieur va se déplacer encore et s'arrêter à des sociétés de plus en plus larges, jusqu’à ce qu'il soit pour ainsi dire partout.

Ces sociétés, plus ou moins compréhensives, sont en effet définies et limitées, ainsi que l’est tout organisme. Elles forment une individualité collective, et portent, comme un être vivant, un nom propre : la famille, la patrie, l'humanité. Mais, en même temps qu’elles sont circonscrites et comme emboitées les unes dans les autres, elles restent ouvertes; elles s'étendent sans se déformer. Et non seulement chaque individu trouve sa place et joue son rôle déterminé dans un groupe social; mais chacun appartient en même temps à ces divers groupes qui vont, croissant et s’élargissant sans cesser d’être distincts, comme ces cercles mouvants que forme une balle tombée dans l’eau dormante : épas xat aJptsToy.

Ainsi, sous le développement spontané et même nécessaire qui fonde les sociétés humaines comme une œuvre de la nature, il

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