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L'ACTION, PRINCIPE DE LA SYNTHÈSE SOCIALE

divers sujets en présence, une union se scelle et que leur intimité les féconde? — Il faut que de part et d’autre chacun se propose une fin supérieure à chacun d’eux pris isolément, une fin qu’il soit bon de poursuivre d’un élan comrnun, une fin telle que l’un puisse se sacrifier à l’autre, comme dans l’héroïque paradoxe où un homme meurt pour en sauver un seul, semblable à lui, moindre que lui. On ne s’unit pas simplement pour être uni; on

vine peut contenir entre deux ce torrent qui coule de la volonté. Il

faut que l'unité des vies jointes soit plus que la somme des vies isolées; il faut que ce surcroît se répande et que la surabondance

V\ de l'être multiple engendre une œuvre qui devienne sa raison W \ibd’être.

Ainsi voit-on une fois de plus, et avec plus de clarté, comment la synthèse est toujours transcendante aux éléments qu’elle fond et transforme; ainsi comprend-on que si l’homme est pour l’homme « une fin en soi », c’est en vue d’un développement supérieur à leur mutuelle solitude; ainsi est-il manifeste qu'il n’y a pas à vrai dire de statique sociale, parce que dans les relations humaines tout est en action, tout naït de l’action, tout va à l’action. [ci surtout 1l n’y a d'union que par coopération. La justice, en dépit de toutes abstractions contraires, ne réside donc pas en une immobile opposition de droits, en une séparation des personnes, telle que chacun resterait chez soi et à soi; c’est une force promouvante, qui, conforme à la volonté profonde de chacun, maintient un équilibre, mais un équilibre en mouvement. Car si le besoin que nous avons d'autrui naît d’un déploiement du vouloir individuel, il devient à son tour une cause d'action. Entre les hommes, il ne saurait y avoir relations réelles et vivante coopération que par un progrès vers la synthèse-sociale.

Par là est démontré le caractère à la fois naturel, nécessaire et libre de la société. L'intervention de la réflexion ne fait que sanctionner et perfectionner la nature. A la formation lente des organisines sociaux, des institutions traditionnelles et des fédérations spontanées qui ont mêlé les hommes sans convention expresse ni Contrat conscient, elle ajoute tout le travail d’une volonté éclairée. En agissant, ils ont été forcés de s'unir, parce qu'ils agissaient en vue de s'unir. Et c’est non seulement afin d'arriver à l'union, mais encore par dévouement à l’unité une fois constituée qu'ils agissent de concert. Car on ne peut poursuivre une fin commune qu'en s’y subordonnant et en la personnifiant pour s’y

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