LE PROGRÈS DE LA VOLONTÉ PAR LÀ VIE SOCIALE
générales. Il faut meltre à leur rang les diverses fonctions de la vie. Et quoique peut-être un individualisme supérieur doive l’absorber, il faut sans doute traverser un socialisme provisoire. À la vérité il est impossible d'examiner ici, dans le détail, la constitution et la physiologie de chacune des sociétés fondées par le concours des personnes; c’est l’objet de disciplines partielles. Du moins, il est essentiel de marquer la continuité du lien scientifique, en montrant le développement ininterrompu de l’action jusqu’à son complet épanouissement. Étudions donc, à travers son expansion sociale et dans l’impersonnalité de son action féconde et indéfinie, la volonté qui cherche encore et toujours à se compléter, ne voulant point rester seule pour être mieux uñe.
Tout en formant un système fermé et exclusif, chaque société aspire à s'étendre, et s'ouvre pour avoir accès à une synthèse plus large. Il faut donc suivre le mouvement de la volonté depuis la plus simple et la plus intime union du seul à seul, jusqu’au point où cette cœnergie tend à dépasser les limites de la vie sociale elle-même. — D'abord j'étudie le lien de l'amitié et plus particulièrement de amour. — Puis je cherche comment, de la famille, l’on passe à la patrie; et je montre que la vie nationale est un besoin spontané et une construction naturelle de la volonté. — Enfin je fais voir comment, débordant l’enceinte de la cité, notre action se solidarise avec l’humaaité entière, mais sans trouver encore, das cet élargissement nouveau, l'équilibre et la suffisance qu'elle-cherche. — 11 faut bien comprendre que c’est toujours l’action volontaire dont le progrès engendre et justifie ces formes successives de la vie humaine; que ces formes se superposent et se complètent mutuellement; que chacune ajoute à celle qui la prépare une perfection nouvelle, mais sans supprimer pour cela l’indépendance relative et la perpétuité des formes antécédentes.