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LES RAISONS PROFONDES DU PATRIOTISME

La conscience nationale est donc une force dont l'efficacité s’accroit à mesure qu’on en pénètre davantage les raisons profondes. Ce n’est pas un de ces sentiments qu’il faille éviter de regarder, comme si le voir tel qu'il est, c'était le violer et le perdre. Sans doute les progrès de la réflexion ou les besoins d’un développement plus large ont pu compromettre le culte de la cité; à quelques-uns, cette forme de l’amour, du dévouement et de l’héroïsme qu'on nommé le patriotisme ne paraît reposer que sur une illusion, respectable mais. caduque. Mais une réflexion plus avancée restaure ce sentiment spontané en justifiant l'instinct du cœur. Même après qu’on s’est élevé à une communion plus ample avec l'humanité entière, à un sentiment de solidarité universelle qu'avait à peine soupçonné l'antiquité et qui a paru bien tard dans l’histoire des idées morales, il demeure vrai que les frontières de la nation subsistent et doivent subsister. Loin d’exclure un besoin plus libéral d’affectior, le patriotisme l’annonce, comme l’attachement à la province, au clocher, à la maison, prépare et échauffe l'amour de la grande patrie.

Ici donc se retrouve encore la loi dont on à remarqué lapplication dans toute la suite des synthèses qu’en se déployant a formées l’action, et dont le sens s’éclaire peu à peu. Chaque fois que la volonté s’est proposé une fin nouvelle, elle a été amenée à considérer les fins antérieures auxquelles elle s'était arrêtée comme insuffisantes ou mêr ie illusoires. Mais, en touchant au terme con-

voité, elle s'aperçoit que cette fin. OU NES est, elle aussi, transitoire; elle comprend mieux désormais comment les étapes précédentes étaient, en dépit de l'instabilité qu’elle y rencontrait, des conäitions nécessaires et des points relativement fixes, dans le progrès de son expansion. Ainsi voit-elle que, loin de s’exelure, les synthèses successives qui paraissent ordinairement se contredire, se supposent; que chacune est à la fois une fin et un moyen; et qu’en toutes il y a un système arrêté, un caractère original, une détermination Lie En sorte qu’on ne va d’une de ces synthèses à “une autre, de ‘en passant d’un équilibre défini à un autre équilibre défini. Il n’y a, en effet, progrès possible dans l’organisation de la vie ou de ton que si chaque point successif fournit un appui solide et si, à chaque degré du développement, le système formé est déterminé moins par l'addition des parties que par une nouvelle idée d’ensemble. D'où, le besoin d'insérer dans chaque forme de la vie personnelle ou collective une appa-

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268 L'ACTION FÉCONDE DE LA Vs COMMUNE.

rence d’absolu : de même que d’instinct on attribue au lien nup-

tial. un caractère se sacré comme pour en assurer la solidité, d’ins-

tinct aussi on consacre la patrie, on sanctifie lé drapeau; comme si l'enceinte de la cité enveloppait le cieTet la terre, et Te tiel plutôt

| encore que la terre. Il y a dont donc une sorte de yStCSME Spontané,

qui. permet : à la volonté de s'arrêter à des € étapes successives, comme si chacune > était la fi fin; car en chacune elle met, au moins

provisoirement l'illusion de l’ infini dans le fini même.

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