‹ L'actionChapitre 141 sur 273 · EE EE PR TE ET · texte numérisé non relu

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Ainsi la cité est constituée, non point comme un corps amorphe ou comme un organe de transition dans l’évolution générale de la vie sociale; elle a une suffisance relative, une organisation nécessaire. C’est pour cela, on va le mieux voir, qu’elle ne résulte pas d’une convention plus ou moins arbitraire, qu’elle ne dépend pas du caprice des membres qui la composent, et que l’autorité y est indispensable, afin de répondre au besoin qu’elle à mission de. satisfaire. Le pouvoir, qui en est le lien synthétique et comme « la forme substantielle », reste l'expression de la volonté profonde qui fonde la nation elle-même, Et la forme politique dans laquelle l’autorité s'exerce manifeste l’action particulière des circonstances

et des libertés humaines dans la tradition de la vie nationale. Une .

société n’est donc jamais une société quelconque, parce qu’elle se fonde toujours sur un sentiment très particulier et sur une volonté absolument concrète. La première vérité sociale, celle même dont dépend la sociologie, c’est de poser en principe l'originalité historique et le caractère individuel de tout organisme national. De là, dérivent les lois générales qui gouvernent l’organisation des sociétés humaines; de là, les principes abstraits du droit public.

IT. — Par le déploiement spontané de la vie collective, il se constitue entre l'individu et le groupe total dont il fait partie, un ou plusieurs systèmes de forces pondératrices : comme dans le corps il y a des organes, dans la société il y a des associations organisées et vivantes. Rien ne montre mieux que ces organes élémentaires, quelle différence de nature subsiste entre la famille et le corps social; car ces éléments de la vie collective, en se constituant parfois sous nos yeux, nous révèlent une loi de formation toute contraire à celle de la société domestique.

Dans le seul à seul de l’amour, c’est l’unité féconde d’une double vie qui s’épanche et se multiplie. Dans le tous à tous de l’association ou de la patrie, c’est la multiplicité qui se concentre en chacun,

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