LA SOLIDARITÉ HUMAINE
une seule vie la double vie des parents, qui, au lieu de les diviser,
les resserre en les multipliant, et les perpétue tous deux sous les mêmes espèces corporelles.
Ainsi l’action, issue d’abord de l'intention toute personnelle de l’agent, s’est peu à peu incorporé la famille et la cité pour prendre son vol dans l’humanité entière. En exigeant la solidarité totale de tous les les hommes, elle devient ce qu’elle veut être; elle veut être, par libre choix, ce qu'elle est est déjà par l’impulsion de par l’impulsion de son
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premier élan, S Si donna on semble lui imposer, comme une loi, lc imposer, comme une loi, l’ obli-
gation de: s’ériger elle-même en maxime universelle; si l’on commande à chacun d'agir avec l intention de faire ce que tous doivent
faire, s il faut avoir e : sentiment « de porter, en son action partict particulière, la volonté et l’action des autres, ce n’est là que la traduction,
non | pas seulement de ce qui. doit être > pour la volonté délibérée et
voulue, mais de ce. qui est déji à pour la volonté voulante et opé-
rante. Quoi qu’on fasse, en effet, l'humanité est intéressée à l’action se.
de chacun comme à un nouvel élément de l’équilibre général : l’action dont l’homme s’attribue l’origine est celle qui pourrait arriver sous le nom de l’espèce entière.
Sans doute, il semble étrange de dire qu’en voulant et qu’en agissant nous dépassons en effet la famille, la cité, pour atteindre et intéresser à nos actes l'humanité. Mais est-ce que la fin ordinaire des décisions conscientes n'apparaît pas d'emblée, dans le motif qui les détermine, comme supérieure à toutes les conditions domestiques et politiques où elles se produisent? Si le premier sentiment de la liberté et du devoir implique l’idée d’une fin transcendante par rapport à tous les éléments inconscients.ou conscients de l’action, c’est que l’action elle-même enveloppe en effet, dans sa réelle expansion, plus que ses conditions individuelles ou sociales. Qu’on le sache ou qu’on l’ignore, l’action volontaire a une envergure telle que d’un premier vol elle échappe aux bornes de la société domestique ou politique. On ne peut, on ne. veut pas vivre seulement pour soi, seulement pour les siens, seulement pour ses concitoyens; ainsi, par la force du mouvement continu qui l'emporte, l’action va encore franchir l’enceinte même de la fédération humaine.