LES PROGRÈS DU DÉTERMINISME DE L'ACTION
Je me propose d'étudier l'extension de l’action dans le milieu universel qu’elle intéresse et où elle cherche les réponses et les sanctions auxquelles elle aspire; et je montre comment elle traverse les diverses enceintes morales, où l’on a tour à tour prétendu la borner comme si elle y rencontrait sa règle définitive et son emploi suffisant. — J’examine d’abord ce qu’on peut appeler la morale naturaliste, dans le dessein, non de la réfuter, mais de faire voir ce qu’elle a en même temps de juste et d’insuffisant. — Puis j’indique comment l'action, dépassant l’ordre de la nature, semble exiger un autre champ et comme un autre monde où elle se “déploie &t. se satisfait. — Enfin, montrant que cette morale métaphysique ne contente pas encore les exigences de la volonté et n’égale pas l'étendue de l’action, j'étudie « la morale morale », celle qui semble se préoccuper uniquement de déterminer les conditions suffisantes et nécessaires de l’action volontaire, en recherchant quels sont les postülats ou les croyances indispensables pour fonder scien. tifiquement la conduite humaine.
Ces diverses formés de la morale « naturelle » qui, au point de vue de l'intention, semblent inconciliables et exclusives, en fait pourtant et au point de vue ‘de l’action sont conciliées et pour ainsi dire étagées; en sorte qu’en les formulant devant la conscience réfléchie, on ne fait qu’analyser de plus en plus complètement le contenu de la volonté opérante, pour aboutir, en ce chapitre, à montrer qu’elle déborde ce domaine moral si épuré, si agrandi, si sublimé qu’on le suppose. Le réel y surpasse encore l'idéal, et le fait actuel y excède le devoir formel.
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