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LE DYNAMISME DE LA PENSÉE MÉTAPHYSIQUE

dement expérimental; elle est nourrie de tout le réel; 2% Elle subordonne les faits actuels à des faits qui ne sont pas, au sens positif où les premiers sont; elle prolonge le monde de la nature en un monde de la pensée qui en devient la raison et la loi; 3° Ce qui n’est pas, elle l’affirme et le pratique pour qu'il soit; l'acte devient ainsi une naturalisation du possible dans le réel. La métaphysique est donc un dynamisme. Elle part des faits, pour revenir aux faits, mais aux faits d’un ordre supérieur. Elle conduit forcément l'homme à puiser le principe de sa conduite ailleurs qu’en l'univers. Elle insère, dans le rythme de la vie qui va de l’action à l’action, la pensée, fruit et germe d’une volonté plus parfaite. Ainsi les idées que la métaphysique organise en systèmes sont à la fois — réelles, parce qu’elles expriment à la conscience les réactions multiples que le. regard n'atteint pas jusqu'aux profondeurs de la vie universelle en nous; — idéales, parce que, éclairant et dépassant l’expérience actuelle, elles préparent les décisions prochaines; — pratiques, parce qu'elles ont une influence certaine sur l'orientation des actes volontaires. 1° Qu'elles soient réelles et fondées en fait, ces idées métaphysiques, c'est ce qu'il est nécessaire de bien entendre -La pensée n’est point isolée du monde des phénomènes où la conscience puise ses aliments, Ce qui était vrai des images et des désirs tout spontanés, il faut le répéter, avec plus de force et en un sens plus plein, des plus hautes conceptions de la pensée réfléchie. Enrichie qu’elle est par tous les accroissements de la vie organique, sociale, universelle, elle recueille l’enseignement de cette immense expérimentation : aussi y a-t-il, dans ce foyer de l’idée née de l’action, une concentration de tous les rayons épars et comme un abrégé du réel entier. Mais comment sommes-nous amenés à concevoir, au delà des faits, autre chose encore? d’où vient cette nécessité de projeter, en dehors de soi, au dehors du monde, ce qui n’y est pas” et s’il est vrai qu'il y ait, dans la métaphysique, une vérité. expérimentale, par quel déterminisme est-on conduit à extraire de ce qui n’est pas donné en fait un principe d’explication totale. pour les faits eux-mêmes”?

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façon plus distincte, un semblable travail : du jeu même de la vie surgit une conception qui semble supérieure à la vie, comme un idéal objectif. S'il est vrai que la pratique humaine fournit la matière d’une science positive d des mœurs et constitue une expérimentation sans laquelle les plus subtiles déductions demeureraient dans le vide, il devient nécessaire d'ajouter que notre

conduite ne s ‘organise qu'en s ’éclairant à une idée totale et qu’en

projetant, sous la a forme d’une fin dernière à à atteindre, >, la raison

complète de sa propre re production. 2

Pourquoi ce besoin d'unité dans l'explication totale? et pourquoi cette projection « objective » de l'idéal conçu? C’est que l’action ne-saurait être artielle abstraite ou provisoire, comme peut l’être la science. Nous éellement sub specie totius. A mesure donc que nous prenons une conscience plus claire et une possession plus libre dé nos actes, nous les rattachons à un principe plus universel. L'activité et la sociabilité sont en raison directe l’une de l’autre; et, soit qu’on envisage la vie personnelle comme une synthèse grosse du mystérieux dynamisme de la nature, soit qu’on regarde l’univers comme une vaste société en voie de formation, comme une fédération de consciences qui s’éveillent ou un concours de volontés qui se cherchent et peu à peu se trouvent, toujours l’action semble s’inspirer et se réclamer, non de ce qu’il y a de chacun en tous, mais de ce qu'il y a de tous en chacun. Cette unité totale d’une action insérée au tout, il faut bien qu'elle se retrouve dans la conscience que nous en prénons de plus en plus nettement; et c’est pour cela que toute manière délibérée de vivre enveloppe une métaphysique au moins ébauchée. L'action est, si l’on peut dire, universaliste : univérsaliste également devient la conscience qui l'exprime et la pensée qui prétend la gouverner.

Et parce que l’action apporte toujours à la pensée un nouvel aliment, cornme la pensée de nouvelles clartés à l’action, ce cercle mouvant ne s'arrête et ne se ferme pas. La spéculation et la pratique sont toujours à la fois en avance et en retard l’une sur l’autre, mais avec la perpétuelle prétention de se joindre et de s'égaler; elles n’y réussissent pas : et cette disproportion nécessaire a, dans le système de nos pensées, un contre-coup nécessaire. Car si la vie est la véritable école de la vie, de même que toutes les eaux du fleuve viennent déjà de l'Océan où elles retournent encore et toujours, le centre d'équilibre auquel est suspendu tout

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