‹ L'actionChapitre 159 sur 273 · TITI · texte numérisé non relu

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Sans doute la science qui définit les idées sans lesquelles l’ordre réel ne serait ni intelligible ni possible a une suffisance et une certitude propre. Mais elle ne se borne pas à être la science régulatrice de l’entendement. En établissant que la réalité donnée ne

s'explique et ne se soutient pas d'elle-même; qu'elle est suspendue, en fait, à un ordre supérieur aux faits; qu'elle n’arrête pas le mouvement de la pensée parce qu’elle n'égale pas le contenu de l’action humaine, la a métaphysique est amenée à devenir, elle aussi, une science promouvante; elle exige une forme nouvelle de l’action.

En effet, ces idées qui se dégagent de l'expérience scientifique ou: pratique, justement parce qu’elles n’y peuvent tenir et qu’elles débordent l’actuel, expriment ce qui, dans l’action volontaire, ne vient pas de la nature; ce que la volonté veut encore, alors qu’elle s’est assimilé tout l’ordre réel; ce qu’elle aspire à être et à réaliser, puisque ce n’est pas, et puisqu'il faut que ce soit pour qu’elle devienne ce que le mouvement de la sincérité la porte à désirer impérieusement. Il s’agit donc d’incorporer à l’action volontaire cet ordre idéal qui est la fin transcendante de l’ordre naturel; c'est-à-dire que la volonté est amenée à placer son centre d'équilibre hors de toute réalité donnée en fait, à vivre en quelque sorte sur elle-même, et à chercher en elle seule la raison purement formelle de son acte : ainsi c’est par ce qu’elle a d’irréel. qu'elle va accroître sa fécondité.

Il y a donc dans l’action volontaire plus que la connaissance scientifique, plus que la vie subjective telle que la conscience la révèle, plus que la réalité universelle dont s’alimentent la morale naturaliste ou la métaphysique elle-même. Et c'est ce surcroît qu'il faut maintenant conquérir à la réflexion, en analysant les conditions et les exigences de l’action proprement morale.

— Comment surgit- il forcément en l’homme une conscience ae et qu'est-ce au juste que la Morale? La science naturelle des mœurs peut la préparer; mais cette morale indépendante ne l’ébauche même pas. Les conceptions métaphysiques peuvent en être les conditions antécédentes en fixant un idéal et en élevant le droit au-dessus du fait; mais cette morale rationnelle n'est pas

morale. Comment donc “enfin x v aura-{-il une Moralé mioralé?—

Le fait moral, même le plus embryonnaire, n'ésf pag un fait comme les autres. Pour que la première notion de la moralité soit

un phénomène de conscience, pour que l’idée même du droit soit un fait, pour que le sentiment de lobligation pratique se dresse

comme un impératif devan ant la à volonté, il faut d’abord que nous ayons appris à placer le vrai motif de notre > conduite : ailleurs que

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