INDESTRUCTIBILITÉ DE L'ACTION VOLONTAIRE
&être même de la volonté. Il restera à voir ce qu’entraine, ce qug suppose cette nécessité nouvelle. Pourrons-nous encore nous la justifier à nous-mêmes?
L'expérience de la vie et de la mort, de la personne et de sa puissance, de son action, de sa souffrance et de ses défaillances n’est point tout empirique, ni purement a posteriori : non, le mal, la douleur et la mort ne sont pas des faits tout positifs, c’est-àdire de ceux qu’on puisse constater sans y installer d’abord une secrète hypothèse ou un désir contre lequel la réalité, en se heurtant, produit la conscience d’une simple négation. Ce ne sont des faits que par un constraste, par l'effet d’une opposition interne entre la volonté voulue et la volonté voulante. Seul, ce conflit explique en nous le sentiment d’une dépendance, d’une privation ou d’une Q inhibition », en un mot la conscience même et la réflexion; conscience non plus seulement des phénomènes qui passent en moi, mais de moi en qui ces phénomènes se passent; conscience du phénomène en tant que phénomène, c’est-à-dire de ce qui ne se suffit pas et ne peut se soutenir seul.
Avouer l'insuffisance de tout objet offert à la volonté, sentir l’infirmité de la condition humaine, connaître la mort, c’est donc trahir une prétention supérieure; ces faits-là ne sont possibles, ne sont réels, nesont conscients qu’en suite d’une initiative antécédente. Qui pose le problème de l’être et de l’immortalité en a déjà en soi la solution, par la vertu cachée d’une sorte d’argument ontologique, mais d’un argument qui ne se fonde pas sur une dialectique des idées, d’un argument qui développe simplement l'énergie réelle et actuelle du vouloir humain. Ce n’est donc pas l’immortalrté, c’est la mort même qui est contre nature et dont la notion a besoin d’être expliquée : nous ne sommes pas dans le temps et dans l’espace, c’est l’espace et le temps qui sont en nous. Si la mort est un fait et une apparence, les actions, elles, ne meurent pas; on ne constate, on ne comprend le fait de mourir que parce qu’on possède la certitude implicite de survivre,
Il semblait tout à l'heure qu’un déterminisme extérieur, et par suite déconcertant et inintelligible, s'était dressé contre le déter-