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CONDITIONS NÉCESSAIRES POUR QUE LA VOLONTÉ SE VEUILLE

Partagé entre ce que je fais sans le vouloir et ce que je veux sans le faire, je suis toujours comme exclu de moi-même. Comment donc y rentrer, et mettre dans mon action ce qui s’y trouve déjà sans doute, mais à mon insu et hors de mes prises? Comment égaler le sujet au sujet même”? Pour me vouloir moi-même pleinement, il faut que je veuille plus que je n’ai su trouver encore.

En me heurtant à la suprême nécessité de la volonté, j'ai donc à déterminer ce que je veux, afin que je puisse, en toute plénitude, vouloir vouloir. Oui, il faut que je me veuille moi-même; or il m'est impossible de m'atteindre directement; de moi à moi, il y a un abîime que rien n’a pu combler. Point d’échappatoire pour me dérober, point de passage pour avancer seul : de cette crise, que va-t-il sortir?

Impossibilité de s'arrêter, impossibilité de reculer, impossibilité d'avancer

seul :. de ce conflit qui s'élève en toute conscience humaine, jaillit forcé-.

ment l’aveu de « l'unique nécessaire ». Qu'on sache ou non le nommer, c’est la voie où il est impossible de ne pas passer. Aussi n’est-ce pas d’en chercher une définition métaphysique qu'il s’agit ici; il faut l’étudier, non dans la mesure où la connaissance présume de pénétrer en lui, mais dans la mesure où son action pénètre el promeut la nôtre. Il entre, lui aussi, dans le dynamisme de la conscience : par la présence de cette pensée qui travaille sourdement les âmes, la vie volontaire revêt forcément un caractère de transcendance. Le conflit se résout donc en une alternative qui, en face des termes contradictoires du dilemme, exige une option suprême et permet seule à la volonté de se vouloir librement elle-même telle qu’elle souhaite d’être

à jamais.

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