LE SENS DE L'ARGUMENT ONTOLOGIQUE
mesure que par une expérience plus complète et une réflexion plus pénétrante, nous nous définissons mieux à nous-mêmes ce que nous ne sommes pas, nous voyons plus clairement ce sans quoi nous ne serions pas. Le connaitre et le posséder davantage, c'est tout un. La lumière où il me voit est celle aussi où je le vois et où je me vois moi-même; car c’est celle où il se voit lui d’abord.
Qu'est-ce en effet que nous révele toute tentative faite pour pénétrer le mystère mème de la perfection”? (car la preuve ontologique n’est qu’un jeu d’entités si elle n’a pas cette audace et cette portée nécessaire). Si la perfection nous est un mystère, ce n’est point parce qu'elle ne nous est pas connue ou parce qu'elle ne se connaitrait pas elle-même; loin de là, c’est parce que nous conceyons nécessairement qu’elle nous connaît et qu’elle se connait absolument. Son obscurité est, à nos yeux, faite d’un excès de lumiere : tandis qu'en nos actes nous sentons une irrémédiable disproportion, nous aflirmons, dans-le sien, une immédiate identité. C'est par ce que nous connaissons d'elle qu’elle nous parait impénétrable. Son inaccessible intimité ne nous échappe point en ce qu'elle nous est étrangère, mais en ce qu’elle nous est
plus intérieure que notre propre intérieur. Ce qui nous déconcerte en nous, c’est que nous ne pouvons nous égaler; ce qui nous
déconcerte éntelle; c'est l’ absolue équation de E être, , duc connaitre, et.de l'agir. C'est un sujet en qui tout est sujet, même la Le science qu'il a de soi, même Fopér ration intime par laquelle il se
réalise, en trouvant une réponse égale à son appel et un amour EE onda comme la pe personnalité ne saurait être solitaire, comme elle n’est une qu'en n'étant pas seule, parler de cette mystérieuse perfection comme si l'existence différait en elle de la connaissance ou la connaissance de l’action, ce serait la rabaisser aux imperfections qui, reconnues en nous, nous ont forcés à passer en elle. Elle est plus incompréhensible sans la trinité. que la trinité même n’est incompréhensible à l’homme. La trinité, c’est l’arguinent ontologique transporté dans l’absolu, là où cette preuve n’est plus une preuve, mais la vérité même et la vie de l’être.
Et cette vérité nécessaire, ce n’est pas en la diminuant ni en évitant de la définir précisément qu’on Ja rendra plus acceptable à la pensée : tout ou rien; et il est impossible que ce soit rien. Il est plus aisé, il est plus scientifique de reconnaitre le maximum de la vérité nécessaire que de se, contenter d’un minimum vague