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L'ACTION NÉCESSAIRE DE L'IDÉE DE DIEU

Dès qu’on touche à Dieu, et dès que, par la première réflexion qui nous jette à lui toujours présent et toujours nouveau, l’on s’éveille à la clarté de sa vue, il y a comme un arrêt soudain; la vie semble suspendue; et on ne va pas plus loin. —— Si : on va plus loin. Sous quelque forme qu’elle s’offre à la conscience, la pensée de Dieu y est apportée par un déterminisme qui nous l’impose : issue nécessairement du dynamisme de la vieintérieure, elle produit nécessairement effet; elle a une influence immédiate sur l’organisation de notre conduite. C’est cette action nécessaire de l’idée nécessaire de Dieu, qu’il faut déterminer : on va voir comment l’acte volontaire revêt inévitablement un caractère transcendant, et comment cette nécessité est l'expression même de la liberté. Ainsi, par le jeu du déterminisme, le conflit qui a surgi dansla conscience, se résout forcément en une alternative qui offre à la volonté humaine une suprème option.

I. — La pensée de Dieu en nous dépend doublement de notre action. D'une part, c’est parce qu'en agissant nous trouvons une infinie disproportion en nous-mêmes, que nous sommes contraints à chercher l'équation de notre propre action à l'infini. D'autre part, c’est parce qu’en affirmant l’absolue perfection nous ne réussissons jamais à égaler notre propre affirmation, que nous sommes contraints à en chercher le complément et le commentaire dans l'action. Le problème que pose l’action, l’action seule peut le résoudre.

Dès qu'on estime connaître assez Dieu, on ne le connaît plus. Sans doute l'instant de son apparition dans la conscience ressemble tant à l'éternité que l’on a comme peur d’y entrer tout entier, le regard tendu vers l'éclair qui n’a luique pour obscureir la nuit. Mais tel demeure le mélange d'ombre et de clarté que la présomption de qui croit voiret la prétention de qui feint d'ignorer sont également confondues : contre les trop clairvoyants, il faut maintenir que, dans ce que nous connaissons et nous voulons, Dieu reste ce que nous ne pouvons ni connaitre ni faire; contre les aveugles volontaires, il faut maintenir que, sans complication dialectique ni longueur d’études, en un clin d'œil, pour tous, à

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