L'ACTION DE L'IDÉE DE DIEU DANS LA CONSCIENCE
des paroles. C’est assez que, même masqué et travesti, le bien universel ait secrètement sollicité la volonté, pour que la vie entière reste marquée de cette impression indélébile. Pour entendre son appel ou éprouver son contact, nul besoin de le dévisager. Ce qui surgit forcément en toute conscience d’homme, ce qui a, dans la pratique, une efficacité inévitable, ce n’est pas la conception d’une vérité spéculative à définir, c’est la conviction
‘vague peut-être, mais certaine et impérieuse, d’une destinée et
d’une fin ultérieure à atteindre. Il ne s’agit pas en effet de quelques détails de la conduite à éclairer ou de décisions partielles à prendre, c’est du caractère total de la vie totale de chacun que chacun est amené à s'inquiéter. Une inquiétude, une naturelle aspiration vers le mieux, le sentiment d’un rôle à remplir, la recherche du sens de la vie, voilà donc ce qui marque la conduite humaine d’une empreinte nécessaire : quelque réponse que l’on donne au problème, le problème est pasé. L'homme met toujours dans ses actes, si obscurément qu'il le sache, ce caractère de transcendance. Ce qu'il fait, il ne le fait jamais simplement pour le faire.
C'est donc toucher ici au principe qui anime tout le mouvement de la vie en nous. Il n’est besoin d’avoir résolu aucune question métaphysique pour vivre, si l’on peut dire, métaphysiquement. L’argument ontologique nous est applicable, à nous aussi. La pensée et l’action ne se déploient en nous que parce que l’essence y devient réelle et l’existence idéale. On ne peut le nier sans se mentir à soi-même; et on ne le nie vraiment pas, car le mensonge ne change rien à la nécessité des vérités qu’il dissimule. Sans donc attacher désormais aux ignorances ou aux erreurs spéculatives l'importance qu’elles n’ont point par elles seules, il faut voir enfin quel est l’effet nécessaire de Dieu présent à l’homme. Sous quelque forme, claire ou confuse, consentie ou refoulée, avouée ou anonyme, que se révèle à la conscience la vérité de cette présence, elle a une efficacité certaine. C’est ce dynamisme supérieur qu'il importe, par-dessus tout, d'étudier.
II. — Née, par l'impulsion même du déterminisme, d’un conflit au sein de la conscience humaine, la pensée nécessaire de Dieu, par un dernier progrès du déterminisme, résout ce conflit dans une altérnative inévitable.
Puisque je suis forcé de concevoir et d’assigner un terme supé-