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COMMENT LE CONFLIT SE RÉSOUT EN UNE ALTERNATIVE

se suffire sans lui, profiter de sa présence nécessaire sans la rendre volontaire, lui emprunter la force de se passer de lui, et vouloir infiniment sans vouloir l'infini? Vouloir et ne pas pouvoir, pouvoir et ne pas vouloir, c’est l'option même qui s'offre à la liberté : « s'aimer jusqu’au mépris de Dieu, aimer Dieu jusqu’au mépris de soi. » Non que cette tragique opposition se révèle à tous avec cette netteté et cette rigueur. Mais si la pensée qu’il y a « quelque chose à faire de la vie » s'offre à tous, c’en est assez pour que les plus grossiers soient appelés, eux aussi, à résoudre la grande affaire, l’unique nécessaire.

Le déterminisme de l’action aboutit donc à susciter dans la conscience humaine une alternative. Et l'utilité de toutes les précédentes analyses c’est de montrer ce qu’enveloppe nécessairement l’option de la volonté. Peu importe l'insuffisance de ces analyses mêmes : ce n’est pas de l’explication qu’on en essaye, que dépend l’importance du choix. Il suffit qu’en agissant délibérément, l’on réalise d'emblée toutes ces conditions implicites. Avoir fait au déterminisme toute sa part, c’est avoir réussi à déterminer précisément celle de la liberté : elle se résume tout entière dans cette option même, parce que la volonté ne s’exerce pleinement qu'où il y à un enjeu digne d'elle. Il est bon d’avoir analysé tout le contenu de l’action volontaire; mais il ne faut pas que cette analyse même nous cache le principe qui en opère la synthèse. La série des moyens ne s'organise dans la conscience qu’en vue de cette décisive question. Tout le mouvement de la vie y aboutit. Le phénomène le plus rudimentaire ne serait pas ce qu'il est pour nous, sans le lien qui l’y rattache. En sorte que, réciproquement, la connaissance du moindre phénomène a pour rôle de nous faire remonter, par la chaîne du déterminisme, à cette libre décision d’où dépend la destinée de chacun. La volonté humaine se propose ainsi la série des moyens qui ont pour effet de lui imposer l'exercice de son pouvoir. Elle ne subit donc, dans cette nécessité même, rien qu’elle n’ait voulu.

Sans doute, l’alternative surgit forcément devant la conscience, et c’est encore une nécessité de se prononcer : mais qu'on ne prenne pas le change. L'option, il est vrai, nous est imposée; mais c’est par elle que nous devenons ce que nous voulons quoi qu’il en doive résulter, nous ne pourrons nous en prendre qu’à nous. Ainsi, en dernière analyse, ce n’est pas la liberté qui s’absorbe dans le déterminisme; c’est le déterminisme total

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