LA NÉCESSITÉ DE L'OPTION
de la vie humaine qui est suspendu à cette suprême alternative : ou exclure de nous toute autre volonté que la nôtre, ou se livrer à l’être que nous ne sommes pas comme à l’unique salutaire. L'homme aspire à faire le dieu : être dieu sans Dieu. et contre Dieu, être dieu par Dieu et avec Dieu, c’est le dilemme. En face de l’être, et de l’être seulement, s’applique la loi de contradiction dans toute sa rigueur, et s’exerce la liberté dans toute sa force.
La nécessité, pour l’homme, d'opter ne fait que manifester sa volonté d’être et d'être ce qu’il veut. Son action a donc un être nécessaire. Mais cet être, s’il prétend le trouver ou le garder tout en lui, se retourne contre lui. Si sa liberté, en face de l'alternative qui s'impose à lui, ne l’achemine pas vers une forme nouvelle de la vie, c’est sa perte. Inutile de connaître déjà cette vie supérieuré, pour savoir que, si ses actes la repoussent, il manque sa destinée. N'être point changé, pour l’homme, c’est la mort de l’action. Il ne pourra done vivre qu'en renaissant, pour ainsi dire, dans l'effort d’un nouvel enfantement et qu’en s'ouvrant à une autre action que la sienne. Mais, de quelque façon que se résolve le conflit, l’option de la liberté ne supprimera pas ce qu’il y a d’être nécessaire dans l’action voulue.