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LE CARACTÈRE LIBRE DE L'OPTION NÉCESSAIRE

Et si, quoi que nous fassions, quoi que nous sachions, notre destinée déroule sa divine trame, que signifient donc et la superficielle intervention de nos décisions caduques et les pauvres tentatives d’une science qui s’efforce de sonder ce mystère de nos vies, comme si elle allait devancer les révélations d’un jugement suprême? — Mais cette latitude qui reste à l’homme suffit à épouvanter toute pensée assez courageuse pour mesurer l’abîime ouvert devant elle. — Mais ces décisions, si peu efficaces qu’elles paraissent, le sont toutefois assez pour trancher la grande et décisive affaire. — Mais cette science de l’action, si présSomptueuse qu’elle soit en soulevant le voile des responsabilités présentes ou des révélations futures, suffit à prévenir les surprises et à justifier l'extrémité des sanctions réservées aux actions humaines.

Il faut donc qu’il y ait une alternative; il faut qu’on se prononce. Et la nécessité même de l’action ne fait que manifester cette libre contrainte. Ainsi c’est dans l’action volontaire, et par elle, que se résout le problème de notre destinée; et il est impossible qu’il ne se résolve pas. Sur quel faite aigu ne sommes-nous pas jetés? on ne peut s’y tenir. Et, où qu’on aille se perdre ou se sauver, ce sera voulu.

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