NÉCESSITÉ DE PRESCRIPTIONS POSITIVES
n’est pleinement conséquente avec elle-même que si elle va jusqu’à ce besoin consenti de soumission effective : se soustraire aux actes, sous prétexte qu'ils sont une contrainte extérieure et dégradante, c’est faillir à l’esprit qui réclame secrètement cette relevante sujétion.
Dans la pratique littérale, l’acte humain est donc identique à l'acte divin; et, sous l’enveloppe de la lettre, s’insinue la plénitude d’un esprit nouveau. Aussi ne faut-il pas dire que certaines actions peuvent prendre une valeur absolue, dans la mesure où elles offrent une représentation symbolique du fond des choses et où elles réalisent, dans les faits, les rapports qui expriment le plus fidèlement le mystère réel de la vérité et du bien. N'est-ce point d'ailleurs une contradiction dans les termes”? Il n’y à point d’absolu approximatif ou symbolique. Non; l’acte religieux ne saurait être un symbole; il est ou il n’est pas une réalité : pour que les rapports essentiels de l’homme avec l’absolu s’établissent d’une façon exacte, il faut qu’ils soient absolument définis et que, dans ce divin commerce, il y ait un don et une consécration qui ne sauraient venir de nous. Si le bien infini ne peut être réalisé en l’homme que par des actes finis, encore faut-il que, par une surnaturelle condescendance, ce fini même soit donné comme le vêtement, mieux encore comme le corps même du transcendant. Si Dieu ne s y mel pour que l’homme l'y trouve et s’en nourrisse, l'homme ne l’y mettra pas.
Sans doute la pratique n’opère ni par aveugle magie ni par mécanisme brut; il y a des actes morts, sans esprit et sans âme, dévotion extérieure, aussi vaine ou pire que toute autre superstition. Sans doute encore, en l’absence de toute forme rituelle et de tout précepte reconnu, il y a des actes vivifiants, qui suppléent à l'ignorance d’une plus ciaire révélation; actes que rien de sensible, d'égoiste, de présomptueux n’inspire et qui appellent le don ignoré. Mais, si la pratique littérale n’est ni une pure formalité pour ceux qui ont à s’y soumetire ni une condition essentielle de salut pour ceux qui n’en peuvent être instruits, toujours c’est à la secrète efficacité d’une médiation réelle que notre volonté doit, fût-ce à notre insu, de pouvoir s'achever. Il est possible même qu’on la méconnaisse sans cesser d’en profiter et sans pécher contre l'esprit. Mais cette admirable extension de la miséricorde à ceux qui gardent une générosité vraie dans le refus qu’ils en font ne supprime pas la vérité complète à laquelle ils participent