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LES CONDITIONS DE L'ACTE RELIGIEUX

ne nous condescende pas à demi. Plus le symbole sera peu de chose au regard des sens, plus il répondra aux exigences de la raison et du cœur. Son éclat ne peut être que d’un point, comme l'étoile dont le rayon, hors d’une mince ligne de lumière, semble laisser l'Océan dans l'ombre, et qui pourtant illumine l’immensité des flots, puisque, d'où qu’on regarde, l’œil est guidé à sa clarté.

Ainsi, dans la pratique religieuse, il faut que les rapports ordinaires de Ja pensée et de l’action soient à la fois conservés, complétés, et retournés : — conservés; car il reste vrai que la croyance a besoin, pour être vive et sincère, pour pénétrer les membres et s’assimiler l’organisme, de se manifester par des preuves pratiques : — complétés; car c’est dans le précepte positif, et là seulement, qu’il y a, par hypothèse, équation parfaite entre l'esprit et la forme littérale où il s'exprime : — retournés même; car, à la différence des actes habituels dans lesquels la pensée précède les opérations sensibles et pénètre imparfaitement l’organisine qui la réalise au dehors, ici c’est le signe sensible qui contient obscurément la lumière dont la pensée cherche à découvrir peu à peu l’invisible foyer. Et c’est là ce qu’il importe à présent de bien entendre.

L'action n’est prescrite que si, dans ce qu'il faut faire, elle contient la réalité de ce qu’il faut croire. Hétérogènes par rapport à nous, la pratique et le dogme sont identiques en soi; et leur rôle c’est de rendre identiques en nous la vérité connue et la vie obtenue; c’est de mettre dans la pensée et la volonté l’unité de l'idéal et du réel; c'est de réintégrer dans l’homme qui constitue librement sa personnalité l’intégrité de la cause qui le crée et l’anime : restitution qui n’est possible que si la volonté humaine, d'où procède comme d’une cause efficiente le mouvement de la vie personnelle, s’assimile à la fin conçue et voulue comme le terme de notre destinée.

Ainsi, tandis que, dans l’ordre naturel, l'opération matérielle qui traduit l'intention ne fait qu’étendre le domaine de la volonté et ne profite à la pensée que dans la mesure où elle lui concilie les puissances encore aveugles de la vie, ici c’est l'opération même qui devient, pour l'esprit, nourriture et lumière; car c’est le vou-

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