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LA NÉCESSITÉ PRATIQUE DU PROBLÈME ONTOLOGIQUE

sance, qu’elle soit explicite ou non, est cvextensive à son objet; d'où l’on peut dire qu’il y a entre l'être et le connaître une absolue correspondance et une parfaite réciprocité; il est impossible que l’homme, si confusément que ce soit, ne forme pas en effet cette synthèse dont la science de l’action vient de faire l’analyse, et il est impossible que cette synthèse, revêtant à ses yeux une valeur objective, ne représente pas réellement ce qui est à connaître et à faire. — Puisque, d'autre part, il faut, pour atteindre au terme, passer par l’alternative et trancher le problème pratique qui s’offre à nous comme une question de vie et de mort, il en résulte qu'entre la connaissance et l'être il subsiste une radicale hétérogénéité, qu'entre la vue et la possession de l'être la distance demeure infinie, et que, s’il y a un être nécessaire de l’action, l’action n’a pas nécessairement l'être en elle. L’universelle nature des choses, la personne humaine, Dieu, la vie surnaturelle sont sans doute des conditions requises par l’action et fondées en elle; mais l’action ne se fonde pas nécessairement en Dieu, et ne réalise pas forcément toutes les conditions qu’elle pose elle-même.

Par cette distinction, il semble que le problème de la connaissance et de l'être prenne un sens nouveau : méthode et solution sont transformées. — Croire qu’on peut aboutir à l’être et légitimemnent affirmer quelque réalité que ce soit sans avoir atteint le terme même de la série qui va de la première intuition sensible à la nécessité de Dieu et de la pratique religieuse, c’est demeurer dans l'illusion : on ne saurait s’arrêter à un objet moyen pour en faire une vérité absolue, sans tomber dans l’idolâtrie de l’entendement; toute assertion prématurée est illégitime, et, aux yeux de la science, fausse, même quand il y faudra revenir plus tard, mais par une autre voie, et en un sens différent. — Croire, en revanche, que la conduite humaine est indépendante de toute vue métaphysique, que la pratique se suffit à elle-même, et qu’il est possible de vivre en se désintéressant de l'être, c’est là une égale erreur. À l’opposé des doctrines antiques selon lesquelles la volonté agit conformément à un objet, xarx A6yov, au point de ne faire qu’un avec lui, uett Adyou; à l’opposé de modernes doctrines selon lesquelles la volonté se crée son propre objet et s’avance, non sur la route de la science, mais sur celle de la croyance !, il

4. En remarquant que « le chrétien ne vit pas dans le monde de la science, mais dans celui de la foi », l’on a prétendu que le Kantisme a définitivement

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