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L'IDÉE NÉCESSAIRE D'EXISTENCE OBJECTIVE

est indépendant des déterminations de la volonté, mais aussi ce qui subordonne la possession de la vérité et le sens de l’être à la solution du problème pratique que ce minimum de connaissance nécessaire impose à toute conscience d'homme.

I. — Quoi qu'on pense et quoi qu’on veuille, du fait seul qu’on pense et qu’on veut, il suit l’ordre universel du déterminisme. Vainement essaye-t-on de le nier ou de le briser; par l'effort qu’on fait pour le ruiner ou s’y soustraire, on le pose et on le ratifie. Il y a une volonté antécédente et immanente à toute dérogation aux nécessités pratiques; il y a une affirmation de l’être antérieure et intérieure à toute tentative de négation même complète. Quoi qu’on doive mettre tout à l’heure sous ces mots, les conditions subjectives de la pensée et de l’action revêtent un aspect objectif.

Aussi, quoique le déterminisme universel soit en nous dans la mesure où toute démarche de la volonté humaine l’implique spontanément, nous apparait-il toujours par là même comme indépendant de notre puissance positive, de notre volonté délibérée, et de notre pensée réfléchie. C’est, pour nous, gus-uaiure, en ce sens que, même en ratifiant cet ordre par notre action présente, nous en avouons la nécessaire présence dans notre action. Bien qu’il soit lié aux plus intimes productions du sujet (sans cela nous ne le connaïîtrions pas), il n’en est pas moins à nos yeux l’objet (sans cela nous ne saurions y voir un système de moyens et de fins pour la volonté). Et puisque le rôle de ce déterminisme est justement d'imposer une alternative à notre liberté, c’est que, pouvant l’agréer ou en repousser les exigences, nous sommes en face de quelque chose qui sans doute est déjà nôtre par la production spontanée de la pensée, mais qui est en même temps hors de nous comme un terme pour l’opération voulue. Ainsi découvret-on la génération mutuelle et les rapports des notions qui semblent le plus différentes : la nature des choses nous apparaît comme une réalité objective parce qu’elle s'impose à nous par l’unité du déterminisme et parce qu’elle nous impose une libre option; ces deux aspects, vraiment solidaires, du problème sont également indispensables à toute conception d’existence réelle. Pour arriver à la simple idée d’une subsistance objective, il faut que cette notion soit assurée par un double acte d’entendement et de volonté.

Ainsi, dans la mesure où nous ne pouvons pas ne point poser cette chaine des nécessités qui sont la condition de notre activité

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