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LA SOLUTION ONTOLOGIQUE DU PROBLÈME PRATIQUE

pouvant faire comme si ce n’était pas, nous ne pouvons pas ne pas envelopper dans notre action les conditions indispensables pour que ce soit. Et réciproquement, ce qui ne peut pas ne pas être immanent à la pensée, nous ne pouvons pas ne pas tendre à nous le rendre immanent par la pratique. Le cercle est fermé. C'est de ce dernier anneau qu'il faut encore montrer la solidité, justement parce qu’en raison de sa situation unique entre les deux bouts de la chaîne qu'il fixe, il a un rôle à part. Car en même temps qu’il est, si l’on peut dire, conditionné par la pratique, il la conditionne à son tour. C’est par une nécessité subjective que nous sommes contraints d'en établir la vérité réelle; et cette vérité va être investie en effet de toute la réalité objective que la plus confiante pensée puisse affirmer, d’une réalité telle que les plus défiantes exigences de l’esprit critique ne peuvent l’atteindre ni l’infirmer.

L’exposé complet des nécessités subjectives ne laisse, en dehors d'elles, aucun point d'appui pour le doute ou la négation. Quand toutes les conditions de la pensée et de l’action sont définies, quand tout le contenu de la vie est réintégré dans la conscience, bon gré mal gré il faut penser que c’est; voilà pourquoi nous devons faire comme si c'était. Le rôle de.la science semble tout négatif, dans l’ordre spéculatif, il l’est; mais dans l’ordre pratique, il est tout positif. De là, le caractère d’ambiguïté et l’impression de malaise qui, au cours de cette étude, s’est renouvelée

à chaque étape successive. [Impossible de ne pas tenir compte de

chaque degré nouveau, comme s’il était définitif, c’est une vérité certaine pour l’action ; impossible de s’y arrèter, ce n’est qu'une halte provisoire et une relation partielle pour la pensée. Jamais donc on ne saurait trop insister à la fois sur la fixité et sur l’instabilité, sur l’importance et sur l'insuffisance de chacune des synthèses progressives qu’il a fallu sans cesse constituer et dépasser. Ainsi il est impossible que l’ordre naturel soit, et impossible qu’il ne soit pas : c’est la grande épreuve de l’homme qui, voulant infiniment, voudrait souvent que l'infini ne fût pas. Ainsi, en revanche, il est impossible que l’ordre surnaturel soit sans

l'ordre naturel auquel il est nécessaire, et impossible qu’il ne

soit pas, puisque l’ordre naturel tout entier le garantit en l’exigeant. Solidarité des conditions scientifiques, qui se traduit en un système de vérités réelles.

L’iñpossibilité théorique du doute entraine donc l'affirmation

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