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RÔLE ET EFFETS DE L'ACTION

impassiblement l’ample écart des termes entre lesquels il oscille. Sans préoccupation ontologique ou déontologique, sans effort de persuasion, avec la tranquille assurance d’une charité plus contenue pour être plus pressante, on n’a qu'à laisser cette vérité nécessaire se déployer malgré toutes les résistances. Il faut avoir assez de confiance en elle pour n’attendre rien que de sa présence toute seule. Loin de chercher à la soutenir par une doctrine qui l’appuie, il faut lui opposer toutes celles qui la méconnaissent, afin qu’elle règne, malgré tous, en tous, et qu'elle domine ou comprenne ceux mêmes qui semblent l’ignorer ou l’exclure. Ce qui est, c’est ce qui doit être et c’est ce qui sera.

Faire la science de la pratique et trouver l'équation de l’action, ce n’est donc pas seulement développer, devant la pensée réfléchie, tout le contenu de la conscience spontanée; mieux encore, c'est .indiquer le moyen de réintégrer dans l'opération voulue tout ce qui est au principe de l’opération volontaire. Il ne s’agit point d’une connaissance partielle ou d’une réflexion morale, propre sans doute à éclairer la bonne volonté, mais sans caractère démonstratif;, il s’agit d’une science totale, capable d’embrasser le déterminisme universel de l’action et d’en suivre le déploiement continu qui porte à l’infini ses conséquences nécessaires : de la pensée à la pratique et de la pratique à la pensée, le cercle doit être fermé dans la science parce qu’il l’est dans la - vie. Par là même se trouve déterminé avec une précision nouvelle ce double rapport de la connaissance et de l’action. D’une part, les actes humains déroulent leurs suites et nous les imposent justernent, sans qu’on ait besoin pour en être responsable de connaître distinctement tout leur contenu, sans que la claire révélation de leur portée souvent oubliée et méconnue les change essentiellement, sans qu'aucune connaissance ultérieure en modifie la valeur par la sanction qu’elle y apporte. D'autre part, le peu de clarté intérieure qui suit lPaction, qui l'accompagne et la prépare, suffit à la conduire et à en animer l’immense organisme, comme le gouvernail qui, tout petit qu'il est, et placé à l'arrière du vaisseau, l’oriente dans sa marche en avant.

Voilà pourquoi, pour résoudre le problème, il y a en apparence deux méthodes, indirecte et directe, scientifique et pratique; mais ces deux méthodes doivent se rejoindre. Voilà pourquoi le mot destinée a lui-même deux sens; mais ces deux sens sont également légitimes. Ce mot équivoque désigne le dévelop-

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