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LE CHAMP DE LA MÉTAPHYSIQUE

absolu; comme si, par eux-mêmes, les phénomènes moraux, s’af- … franchissant de tous les autres, avaient une suffisance divine, touchaient au fond des choses, opéraient le salut et rendaient super- % flue toute recherche ultérieure. — Mais cette prétention n’est … qu’une superstition de plus : la vérité, c’est que, sans s'arrêter à = ce qu’on ne connaît pas, il faut agir suivant le devoir que l’on « connaît; l’erreur, c’est d'estimer que cette marche en avant ne peut et ne doit conduire à aucune lumière nouvelle, et que la raison est exclusive d’un ordre supérieur, tandis qu'elle en est u solidaire. à E Toutes ces questions, qui font l’objet ordinaire des discussions passionnées, qui suscitent les contradictions, qui absorbent toute la substance de la métaphysique, il faut les laisser dans la zone neutre de la science, sans y introduire prématurément, commeun ferment de discorde, aucune préoccupation étrangère à l’étude des phénomènes hétérogènes et solidaires. C’est la chaîne com- … plète du déterminisme qu’il s’agit simplement de dérouler. Etoù il n'y a que du nécessaire, il n’y a point d’être; où il n’y a point … d’être, il n’y a point de contradiction. # IL. — Mais il n’est possible de conquérir à la science cette zone neutre où la paix doit régner qu’en réservant le principe secret” des divisions, qu’en sachant chercher l’existence objective seulement où elle peut être, qu’en trouvant l’être seulement où ilest. … La connaissance nécessaire de la vérité n’est encore qu’un moyen d'acquérir ou de perdre la possession de la réalité. Quoique cette connaissance objective doive être identique à son objet, il y a pourtant entre elle et lui toute la différence qui peut séparer la possession de la privation : être et connaître sont donc de la sorte aussi distincts et aussi semblables que possible. Et l'existence objective consiste en ce qui, dans cette identité nécessaire, peut et doit être . librement accepté pour constituer l'identité volontaire. La réalité des objets connus est donc fondée, non pas en une sorte de double sous-jacent, non pas dans la forme nécessaire de leur phénomène; elle est fondée dans ce qui nous impose une option inévitable; elle est réalisée dans l’action médiatrice qui leur donne d’être ce qu'ils : paraissent. Leur existence est donc en eux, puisqu'ils sont tels qu’ils sont connus, et hors d’eux, puisqu'ils sont connus tels qu'ils sont. Indépendantes de l’usage que nous en faisons, soustraites au caprice humain, susceptibles d’être toutes étudiées avec l’impartialité de la science, les choses sont donc toutes subordonnëées à la

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