LA SOLUTION NÉCESSAIRE ET VOLONTAIRE DU PROBLÈME
une sorte de trépas à la vié, acquiert le don de Dieu, toujours elle trouve dans l’intime vouloir de chacun le principe de la destinée de chacun. La force des preuves qu’elle emploie tient donc à ce que chacun les porte en soi. Son ambition, c’est de nous découvrir ce que nous aimons à nous cacher : non qu’elle puisse vraiment prévenir les révélations de l’avenir; elle peut du moins dévoiler les dissimulations du présent. Si la connaissance n’est pas le tout de l’homme, elle est assez, dans l’homme, pois lui faire reconnaître sa route.
— Peut-être semble-t-il que chercher le terme de l’action au delà de la réalité donnée et s'orienter vers un bien qui ne se rencontre plus dans la nature, c’est être mystique. — Peut-être semble-t-il que reconnaître, pour la volonté, la nécessité de se dépasser ellemêl., c’est commettre une pétition de principe et supposer ce besoin de l'infini qui est en question. — Peut-être semble-t-il que prétendre procurer à l’homme les infinies satisfactions qu’il rêve, c'est manquer à la sagesse philosophique, puisque l’ambition et
. l'honneur de la philosophie ç’a toujours été, ce semble, de borner
l’aveugle élan des désirs humains.
Qu'on se détrompe donc. — Ila fallu prendre l’action, non pour y mettre ce qui n’y serait pas, non pour l’interpréter, non pour l’orienter, mais pour constater tout ce qu’elle est, qu’on le sache ou qu’on l’ignore, qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas expressément. Il s’agit non de simples tendances, mais d’actes concrets, non de ce qui pourrait et devrait être, mais du réel, de ce qui est fait et voulu. Seule l’analyse de la volonté, en nous révélant ce qu’il faut ratifier pour vouloir jusqu’à notre propre volonté, nous a montré par quelles conditions nous en devons passer inévitablement : vouloir l'infini, non, ce n’est pas un point de départ, mais
-. un point d’arrivée pour la recherche scientifique. Mais est-ce un
point de départ et un principe pour l’activité spontanée de la vie, voilà la question. Si ce besoin est en nous, comment faire qu’il
n’y soit pas, comment échapper à la nécessité de le reconnaitre?
Tout ce qu’on peut tenter, c’est de supposer qu'il n’est pas, c’est de faire en sorte qu’il ne soit pas, c’est de vouloir infiniment sans vouloir l'infini. Et voilà d’où naît le caractère négatif de la méthode qui seule a paru avoir la rigueur de la science : se dérober de toutes ses forces aux conclusions auxquelles on sera amené, chercher toutes les échappatoires, est-ce donc introduire un postulat secret ? — Et de toutes ces tentatives, il ne ressort qu’un sys-