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LA SCIENCE ULTERIEURE AUX SCIENCES POSITIVES

ou la biologie avaient une portée proprement philosophique est passé : sans doute, une certaine confusion des compétences a été utik pour rapprocher les fragments de la science et pour les féconder mutuellement. Mais.c’en est fait; le partage est accompli à jamais, une ère de la pensée est close; et c’est précisément du jour où l'union efficace des sciences révèle leur solidarité et leur force qu’il est possible d'apprécier leur faiblesse et leurs lacunes. Un champ iHimité leur est ouvert, un domaine infini leur échappe; et ces deux vérités sont liées; car par son succès même, l’action dont elles procèdent prouve mieux qu’elle les dépassé et qu'elle ne peut en attendre une seule clarté de plus. On ne saurait rendre à la pensée un plus grand service que de marquer ainsi cette puissance sans bornes dans cette infirmité sans remède.

Vainement donc espérerait-on résoudre, à un point de vue positiviste, le problème de la vie : il y aurait incompétence, il y aurait inconséquence à le faire. Les sciences positives ne sont que l'expression partielle et subalterne d’une activité qui les enveloppe, les soutient et les déborde. Reste une seule issue, c'est de suivre le mouvement d’où elles procèdent, et d’en chercher pour ainsi dire l’équation en voyant si, dans ce qui les dépasse et les fonde, il y a la matière d’une science véritable, d’une science qui peut-être enfin se suffira.

Où tend le chapitre suivant? à montrer que l’étude subjective de l'action comporte une rigueur scientifique et qu’elle prolonge nécessairement les sciences positives; elle s’y rattache. et elle les dépasse. Son but est donc de déterminer le lien qui, de la connaissance mathématique ou expérimentale, maintient Ja continuité scientifique jusqu'aux faits de conscience; de définir la caractéristique propre de ces faits subjectifs; et de constituer sur ce fondement une science de la conscience. — Ainsi je commence par établir la dépendance et la solidarité des phénomènes subjectifs et de ceux dont s'occupent les sciences positives, en sorte que le mouvement de linvesligation n’est pas interrompu. — Puis j'indique comment les faits internes, au lieu d’être un épiphénomène ou une traduction simplement équivalente et même inadéquate: des faits externes qui les accompagnent, contiennent avec le résumé de toutes leurs condilions antécédentes, une originalilé et une efficacité propre. — Enfin, je profite de la transcendance relative de ces faits à la fois scientifiquement déterminés et indépendants pour justifier l'étude subjective de Paction et pour définir les conditions d’une science de la conscience, — d’une science, qui, reliée aux autres, inaugurera pourtant un ordre tout nouveau de recherehes, celles qu’on désigne d'ordinaire sous le nom prématuré de «sciences morales ». C'est donc de la science . positive de l’objet à la science autrement, mais également positive du sujet, que ce chapitre nous conduit.

et dur

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