LA SOLUTION PRATIQUE DU PROBLÈME MORAL. XI
forcé, en se refusant à toute concession, en repoussant tout ce qui peut être repoussé, pour voir, avec la nécessité de la science, où cette nécessité de l’action nous conduit enfin, ‘sauf à montrer simplement au nom même du déterminisme que la bonne volonté a raison?
La première vaie s'impose et-peut suffire à tous. C’est la voie pratique. Il est nécessaire de la définir d’abord, ne fütce que pour réserver la part de ceux, les plus nombreux et souvent les meilleurs, qui ne peuvent qu'agir sans discuter l’action. Personne d'ailleurs, on va le montrer, n’est dispensé d'entrer dans cette route directe. Mais comment une autre méthode devient légitime pour confirmer la première et pour devancer les révélations finales de la vie, comment elle est nécessaire à la solution scientifique du problème, c'est ce qu'il sera bon de prouver : l’objet de ce travail, ce doit être cette science même de la pratique.
Avant de discuter les exigences de la vie, pour les discuter
-même il faut s’y être soumis déjà. Est-ce que ce premier
contrôle peut suffire à les justifier, et réussira-t-on, sans aucun effort de pensée, par la seule expérience, pour tous également, à découvrir la solution certaine qui absoudra la vie de toute tyrannie et satisfera les consciences ?
Je suis et j'agis, même malgré moi; et je me vois tenu, semble-t-il, de répondre pour tout ce que je suis et ce que je fais. À cette contrainte que je ne puis supprimer, je souscrirai donc sans rébellion parce que cette docilité effective est la seule méthode directe de vérification : quelque apparente résistance que j'y oppose, rien, en fait, ne saurait me dispenser d'y obéir. Je n'ai donc d'autre ressource que de faire crédit; toute tentative d’insubordination, ne me déro-