DU SEUIL DE LA CONSCIENCE A L'OPÉRATION VOLONTAIRE
Les éléments conscients de l’action.
Il est de science que la conscience est, et qu'il ne suffit pas de l’étudier en fonction des états extérieurs auxquels elle est liée comme à ses conditions naturelles, inais.auxquels pourtant elle nese réduit pas. Il le faut, pour que les sciences positives subsistent; il le faut, puisqu'en voulant qu'il y ait quelque chose, par cet aveu même on impliquait déjà le phénomène subjectif. Ce n’est donc plus subtilité verbale de dire qu'en prenant l’objet on pose le sujet, et qu’en affirmant le phénomène on y met la pensée. L'acte interne est certain, précis, positif, scientifique autant et plus que tout fait physique, que toute vérité mathématique.
La conscience puise ses aliments dans l’immense milieu qu’elle résume en soi; mais elle ne le résume et ne le contient qu’en le dépassant, qu'en formant une synthèse originale, qu’en devenant l’acte de toutes ces conditions et de ces puissances subalternes. Aussi, dés qu’elle apparait sous la forme de l’appétit ou du besoin instinctif, y a-t-il spontanéité victorieuse du déterminisme mécanique, automatisme déjà tout psychologique.
Saus doute ces stimulants internes dépendent de causes plus profondes et pour ainsi dire souterraines comine des germes inconscients de la conscience; mais des l'instant où ils s'élèvent et s'épanouissent dans la vie subjective, ils dominent, par ce qu'ils manifestent, tout ce qu'ils recèlent. Ainsi le principe même de tout phénomène conscient est un dynamisme; et plus cette clarté intérieure se lève, mieux elle concentre les forces et les rayons de la nature. Est-ce que, à parler le langage des apparences scientifiques,