CHAPITRE Il
Du moment où la conception d'un acte est escortée de conceptions contraires, et où, par l’antagonisme de ces forces rivales, la réflexion a paru, la simplicité de l’automatisme primitif est perdue. Mise en évidence par le fonctionnement même du déterminisme interne, une puissance nouvelle maintient en suspens tout le mouvement de la spontanéité. Or quel est ce pouvoir de comprendre à la fois un Système d'idées complémentaires et d’en paralyser l'influence immédiate pour y réfléchir et en délibérer”? (est ce qu'on nomme communément la raison; et l'acte qui procédera de ce travail intérieur, c'est celui qu’on appelle d’ordinaire, sans distinguer assez ce qui mérite de l'être, l'acte buinain !, l'acte raisonnable, l'acte volontaire, l'acte libre, l’acte ou l’action tout court. Mais corament, malgré ce que la réflexion . semble avoir de meurtrier pour l’activité, ÿ a-t-il une énergie vraiment réfléchie? comment la raison est-elle engendrée”? et
1. On connait les différences très précises que marquent les scolastiques entre l'acte de l'homme et l'acte humain et aussi entre le volontaire et le Libre. De même une nuance assez tranchée sépare acle ot aclion. L'acte, c'est plutôt (et sauf emplois particuliers) liniliative première de l'effort interne, soit que par naturé tout doive se borner à celle opération spirituelle, soit que l’on envisage. dans l’œuvre même, la part toute subjective de lageut. Le mot aclion indique plutôt le passage de l'intention à l'exécution qui l'incarne, el souvent, par suite, le résultat ou l’œuvre même de cette opération transitive. Entre acte et action il subsiste donc une différence analogue, mais contraire à celle qu’il y à entre œuvre el opéralion.