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COMMENT LA LIBERTÉ N’EST PAS DÉTERMINÉE

au-dessus des autres motifs en droit, parmi les autres motifs en fait, una ex multis; elle est mienne, elle n’est plus moi-même.

Voilà pourquoi, en se proposant la liberté comme tin, on sent une disproportion entre la volonté voulante, quod procedit ex voluntate, et la volonté voulue, quod voluntatis objectum fit. On éprouve la peine d’un choix et d’un sacrifice. Il faut que cette infinie puissance des contraires qui enveloppait et dominait toutes nos manières d’être et de désirer, s'impose une détermination. [Il faut qu’elle coupe et retranche quelques-uns des membres de l’organisme qu'elle animait. Omnis determinatio negatio est. Ce qu'on voudrait, semble-t-il, c’est le plein épanouissement de toutes les tendances naturelles; or il se trouve que dans l’opposition des inotifs au sein de la réflexion aucun, pas même la liberté, ne les rallie et ne les contente tous. Ou plutôt c’est surtout la liberté, prise comme fin, qui paraît exiger de nous le plus d'efforts et de retranchements; car par un singulier effet d'optique intérieure, elle qui, dans le premier élan de la conscience, est si pleine d'elle-même et si séduisante paraît vide et inerte quand il faut en faire un but pour la volonté.

Ainsi l’action voulue n’est pas d'emblée adéquate à la volonté même. Il semble que ce qu’on veut, on ne puisse jamais le vouloir tout à la fois, et que la raison de l'acte libre ne soit pas toute la raison possible; il faut que certaines tendances paraissent avorter, et avorter d’une façon définitive par un sacrifice irréparable. Il y a une partialité inévitable de la volonté dans l’action : jamais donc la raison de l’acte n’est toute claire et totalisée au regard de la conscience, et c’est pour cela que le devoir apparaitra toujours avec un caractère de risque et d’obscurité mortifiante. :

Loin donc d'agir en nous comme par une grâce invincible, l’idée de ce que nous voulons le mieux rencontre, dans la lutte intime, la plus rude opposition. Parmi la division des partis hostiles que suscite l’automatisme mental, il suffit souvent que la liberté paraisse, pour que tous se coalisent contre elle. Autant, vue de l'intimité du sujet, elle semblait toute-puissante parce qu’elle résumait en elle toutes les énergies de la vie et de la pensée, autant, considérée comme objet et comme but, elle parait néant. I n’est donc pas surprenant que si on la cherche parmi les fins positives qui inspirent nos déterminations, on ne la trouve pas; car elle ne devient réelle qu’en voulant l'être. Nécessairement

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