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CHAPITRE I LE CORPS DE L'ACTION ET LA PHYSIOLOGIE SUBJECTIVE

Comme on avait gravi les degrés qui montent à la clarté de la conscience, il faut suivre à présent la dégradation de la pensée réfléchie et de l'intention volontaire dans l’opération organique qui en est la première expression. Mais est-ce dégradation qu’il convient de dire? non. Si, après comme avant le domaine éclairé de la vie intérieure, il y a de l’ombre, c’est qu’en haut comme en bas de la région où la vision bornée de l’esprit est distincte l’action pénètre, devançant la lumière qu'elle y porte peu à peu. L'inconscient n’est pas au-dessous seulement, il est au-dessus et au delà des résolutions délibérées.

Comment donc l'intention volontaire a-t-elle besoin de s’incarner, et comment rencontre-t-elle la résistance organique”? Qu'’a-t-elle à gagner en pâtissant? Et qu'est-ce que nous révèle cette nécessité de l'effort ou du travail dans l’action? triple question à résoudre. Devenir passive, être contredite et contrainte, peiner, c’est là, semble-t-il, pour la volonté, une étrange façon d'en venir à ses fins. Et pourtant c’est la voie unique de son progrès. Voilà le paradoxe qu'il s’agit de justifier.

Aussitôt résolu, l’acte en effet se jette à l'exécution; du moins l’exécution apparait comme la consécration naturelle de l’intention. Sans elle l’action n’est point action. Le premier soin de qui l’étudie, ce doit donc être de considérer cette opération matérielle qui en est la condition immédiate. De quelle façon rencontre-t-on le corps, et comment cette vie organique, qui sans être étrangère

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