LE PROGRÈS DU DÉTERMINISME VOULU
l'action dans l'être, et le progrès de l’être par l’action, il va falloir transporter hors de la vie individuelle le centre de gravité de la volonté conséquente à la loi de son progrès.
Dans l’enceinte de l’univers que nous portons en nous, au milieu de cette lutte interne des tendances réfractaires à la pleine conscience et à la volonté, l'action n’est pas adéquate à ses conditions totales. Elle n’est pas l'expression intégrale et définitive de la vie unie, employée, concertée dans son entier. Or la disproportion de l’action avec la cause efficiente, c’est là justement ce qui fait surgir et ce qui explique la cause finale : on ne va de l’avant, que si, en arrière ou sur place, l’on n’est pas en sécurité ni en suffisance. C’est donc la plénitude de notre volonté originelle qui rend compte de notre insatiable exigence et nous projette toujours plus loin. ’Aviyxn où ctvu:.
Aussi n’agit-on pas, simplement pour agir, et sans se proposer un but. Dans l'immense variété des objets qu’elle va sembler poursuivre comme une fin extérieure et supérieure, mais qu’en réalité elle enveloppe et domine, c’est toujours la volonté qui se cherche elle-même. De même que la liberté formelle n’avait sauvé son autonomie qu'en s'imposant l’hétéronomie d’une obligation pratique et d’un effort, de même la personne ne naît dans l'individu, elle ne se constitue et se conserve qu’en s’assignant une fin impersonnelle : grande vérité, devinée par le sentiment populaire. L'homme ne se suffit pas; il faut qu'il agisse pour les autres, avec les autres, par les autres. On ne peut arranger pour soi seul les affaires de sa propre vie. Nos existences sont tellement liées qu’il est impossible de concevoir une seule action qui ne s’étende en ondulations infinies, bien au delà du but qu’elle semblait viser. Les plus insignifiantes peuvent aller, bien loin, troubler une vie obscure, faire sortir un inconnu de son égoïsme et provoquer des fautes ou des dévouements qui tous ensemble concourent à la tragédie humaine. La conscience individuelle, qu’elle le sache ou non, est une conscience de l’universel.
Ainsi, après avoir montré que le devoir est et que la volonté doit agir, ôrt écriv, apparait peu à peu ce que la volonté doit être et faire, à éçti. Non qu'il faille maintenant faire appel à la bonne volonté : ici encore l’on prétend simplement découvrir le déter-