‹ L'Action canadienne-française (volume 2)Chapitre 12 sur 104 · UNE SOIRÉE D'ACTION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

UNE SOIRÉE D'ACTION FRANÇAISE

Le dimanche 25 janvier, avait lieu, au Jardin de l'Enfance, la soirée d'action française de l'École Saint-Jean-de-la-Croix. M. le curé J.-A. Préfontaine présidait, accompagné d'une quarantaine d? prêtres et de religieux. L'auditoire, composé des parents des écoliers, était sympathique. Le programme, gracieux et minuscule comme les petits bonshommes qui ont défilé sur la scène, comportait les articles suivants :

1 — Aux petits Ont ariens R. P. Gigu'ere. n. m. i.

Chorale de l'École Saint -Jean-de-la-Croix

2 — Allocution de M. Georges Prefoxtaixe, président du Cercle

Sainte Jean-de-la-Croix (A. C. J. C.)

3 — Premiers coups d'ailes

Avant-Garde Saint-Jean- de-la-Croix (A. C. J. C.)

1 — Le graxd Lustukru Botrel

Un groupe de chanteurs

5 — Les petits grands hommes, Saynète

Avant-Garde Saint- Jean-de-la-Croix (A. C. J. C.)

6 — L'Action fraxçaise

Conférence par M. l'abbé Philippe Perrier, curé du Saint-Enf;int-Jrsii^

7 — Scène des Anciens Canadiexs DeGaspé

Anciens du Patronage Saint-Georges

8—0 Canada Hymne National

Chanté par l'auditoire

Il est huit heures quand la séance commence. Sur le théâtre, apparaît la chorale de l'école qui attaque « Aux petits Ontariens », chant paru dans l'Almanach de la Langue française de 1917. Émus et recueillis, les enfants enlèvent de tout cœur le premier couplet de la populaire chansonnette. Un petit soliste reprend alors :

80 l'action française

Petits enfants, dans les l>7as de nos mères,

On nous apprit à regarder les deux !

C'est en français que toutes nos prières A l'Eternel allaient porter nos vœux !

Oui, le parler du beau pays de France Avec le sang coula dans notre cœur !

Oui, le premier, il charma notre enfance Et nous montra le chemin de l'honneur !

Puis la chorale répète, pieuse et confiante, le refrain que nous connaissons :

O Dieu de Jeanne d'Arc, protecteur de la France, Sauvez le Canada, conservez à jamais, Dans tous nos cœurs d'enfants, la foi et la vaillance, Pour rester, malgré tout, Canadiens-français !

Le chant est suivi de l'allocution du président du Cercle Saint- Jean-de-la-Croix de l'A. C. J. C, M. Georges Préfontaine, qui, de façon distinguée et heureuse, nous présente le conférencier, M. l'abbé Philippe Perrier, curé du Saint-Enfant-Jésus, et ami des jeunes. Après un mot d'hommage reconnaissant à l'adresse du vénéré conférencier, le jeune orateur dit ce qu'est l'Association de la Jeunesse catholique, sa composition, son idéal, et termine en parcourant à vol d'oiseau le champ d'action de l'A. C. J. C. où se balance, bercée par la brise, une moisson d'oeuvres qui rayonnent sur tout le pa3rs. Et le programme appelle les jeunes de l' Avant-Garde Saint-Jean-de-la-Croix de l'A. C. J. C. Ils viennent nous entretenir de la race française, de la statistique canadienne-française, de l'épargne et de l'importance de la presse catholique. L'auditoire, tenu en haleine par ces graves orateurs de douze à quinze ans, se repose en écoutant Le Couteau et la jolie chanson de Botrel, Le Grand Lustukru, qu'un poète d'occasion a canadianisée pour la circonstance. Une saynète inédite, Les petits gra?ids Iiommes, nous fait passer un patriotique quart d'heure. La maîtrise des enfants et leur énergique débit provoquent à maintes reprises les applaudissements de l'auditoire qui vibre à l'unisson des petits patriotes.

M. l'abbé Perrier prend alors la parole. Le savant conférencier félicite cordialement les petits grands hommes, et il aborde son sujet, l'action française, que je résume de mémoire en n'en donnant malheureusement que les grandes lignes.

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« Fondée en 1912 dans les conditions les plus modestes, la Ligue des Droits du Français est un centre d'action au service de la langue et des traditions françaises au Canada. Réchauffer l'amour de la langue ancestrale. fortifier notre volonté de la bien parler et défendre, raviver notre fierté d'être catholiques et français, nous rappeler souvent que nous sommes un peuple de frères : voilà l'admirable travail qu'accomplit la Ligue et auquel elle convie tous les cœurs bien nés. » L'orateur, à l'appui de son brillant exposé, cite des faits, des chiffres et des œuvres. Au passage, il touche à quelques-uns de nos travers, signale les intelligentes enquêtes poursuivies par la Ligue, loue ses heureuses initiatives et termine par un vigoureux appel à l'action patriotique, afin de servir, comme il convient, Sa Majesté la Langue française.

Pendant une heure, l'éloquent apôtre du français nous tient sous le charme de sa parole ardente, qui me rappelle la Voix des Flots, chanson d'Ives Le Stanc:

Mais, qu'elle soit caressante Ou provoque des sanglots, Moi, j'aime la voix puissante, La sublime voix des flots.

Plus que celle de la brise, Ou des blés d'or frémissants Elle me berce et me grise • De ses magnifiques accents.

Le rideau, un instant baissé, se relève et la scène nous offre le spectacle d'un groupe de « veilleux » du bon vieux temps. C'est le soir et l'on cause chez le capitaine Saint-Luc. Il y a là réunis et fumant la pipe : le père José, le père Dumais, Fontaine, Dubé et M. de Saint-Luc. Les costumes sont de l'époque et les langues trottent, trottent. Le père José, charmant de naturel et de naïveté superstitieuse, raconte l'aventure arrivée à son défunt père dans la nuit qu'il a passée au milieu des sorciers de l'Ile d'Orléans. La légende, coupée de refrains, est attachante; Dumais, émérite « conteux » d'histoires, dit un voyage de lord Dorchester. La saynète, extraite des ouvrages de M. de Gaspé, se termine par une chanson d'habitant, finement rendue par Fontaine. Et la famille paroissiale amusée, reposée, plus attachée à la langue et aux traditions françaises, entonne d'une voix aimante et fière, l'hymne national, dernier écho d'une touchante et instructive soirée d'éducation,

Un père de famille,

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