‹ L'Action canadienne-française (volume 2)Chapitre 24 sur 104 · LA FÊTE DE DOLLARD · texte numérisé non relu

LA FÊTE DE DOLLARD

Elle va revenir le 21+ mai prochain. A Montréal elle prendra cette année un caractère particulièrement solennel. Au parc Lafontaine sera fait le dévoilement du monument Dollard. Après tant d'années qu'elle était remise, nous verrons enfin l'apothéose des héros du Long-Sault. . La veille, si les circonstances le permettent, £' Action française aura renouvelé son pèlerinage à Carillon.

Mais partout, nous voulons l'espérer, dans cette province et ailleurs, où vivent des groupes de race française, l'on voudra solenniser le 21+ mai. Il faut que la fête devienne universelle, qu'elle entre si bien dans nos habitudes et dans nos traditions, que le 21+ mai ne s'appelle plus, dans l'Amérique française, que « la fête de Dollard ». Que nos compatriotes décident seulement de le vouloir, et le vœu sera devenu le mois prochain une grande réalité.

Toutes les conditions se réunissent pour faire de cette célébration une journée qui devienne facilement populaire, qui parle vivement à l'âme canadienne-française. Elle rappelle le fait le plus séduisant et le plus glorieux de notre passé; elle s'harmonise avec les tendances profondes de notre peuple; elle exalte les meilleures vertus de la race : la bravoure, l'endurance, l'héroïsme épanoui dans la foi.

Que nos amis donnent le mot d'ordre dans leur région. La fête pourra revêtir des formes diverses selon les lieux et les circonstances. Mais partout Von voudra s'assembler pour prononcer quelques paroles de gratitude et de souvenir.

Cet appel, nous l'adressons aux éducateurs de notre jeunesse, aux plus petites maîtresses d'école comme à ceux qui occupent les plus hauts postes dans l'enseignement. A la

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fête de Dollar d nous devons faire participer, plus que les autre*, nos jeunes générations.

L'on se plaint universellement que notre peuple manque de sens national, que l'égoïsme des vieilles sociétés nous envahit, que l'esprit public se meurt. A toutes ces menaces, à tous ces maux opposons les puissances de réaction que tient en réserve notre histoire. Il en coûtera peu à une petite institutrice qui ne pourra faire davantage, d'exposer à ses bambins, dans la langue qu'ils comprennent, l'exploit du Long- Sirult et les hautes leçons qui s'en dégagent. Et pourtant, si elle sait remuer les jeunes âmes et leur communiquer son émotion, ce jour-là, n' aura-t-elle pas accompli au plus parfait, sa noble tâche d' êducatrice ? Elle n'aura qu'à se rappeler le prix des émotions éprouvées aux premières époques de la vie et de quelles accumulations de sentiments, se fait la noblesse des caractères.

Dans les couvents et dans les collèges, la fête pourra prendre une autre ampleur et une autre solennité. Ce serait l'heure pour les enfants qui ont grandi, pour nos jeunes gens en voie de finir leurs études, ce serait l'heure de se rappeler V engagement sacré des jeunes héros de Ville-Marie, de compter autour d'eux les causes qui réclament encore les grands dévouements et, sans forfanterie, sans vaines phrases, dans la simple et calme décision de leur volonté, défaire à leur tour le serment à la patrie. i

Que tous ceux qui organiseront de ces fêtes ou qui en seront les témoins, ne manquent pas de nous en envoyer le récit; Il faut que, le mois prochain, la « Vie de l'Action française )) vienne attester que le 24 mai a reçu sa consécration et a commencé de nous appartenir.

L'Action française.

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