NOTRE REVUE
Nos lecteurs nous rendront bien le témoignage que les exigences de notre revue ont été jusqu'ici plutôt modestes. Publiée d'abord à trente-deux pages, à une époque où le prix du papier pouvait être excusable, et considérée dès lors comme valant beaucoup plus que la modique somme d'une piastre qu'elle demandait à ses abonnés, ^'Action française n'a cessé de progresser d'année en année. Elle a augmenté d'un tiers le nombre de ses pages, elle s'est adjoint de nouveaux et précieux collaborateurs, elle a varié et perfectionné sa rédaction, et bien que le coût initial de sa publication ait plus que doublé, son prix d'abonnement n'a pas été relevé d'un sou.
Comment parvenez-vous à rejoindre les deux bouts " nous a-t-on souvent demandé. Nous esquivions ordinairement la réponse afin de ne pas avouer le vide qui se creusait dans notre caisse, espérant toujours que la hausse s'arrêterait et que nous arriverions enfin, grâce à de nouveaux et nombreux abonnés, à boucler notre budget. Mais la hausse, comme on le sait, ne s'est pas arrêtée, et nous attendons encore le millier d'abonnés que nous réclamions récemment. Devant ces faits, force nous est bien de nous résigner à la démarche dont non* avons toujours reculé l'échéance.
A partir donc de maintenant, l'abonnement à ^'Action française sera de deux piastres ($2.00) par année. Les nombreux amis que nous avons consultés sont d'avis que nous sommes encore loin de les faire payer trop cher. Habitués d'ailleurs à traiter nos abonnés avec générosité, nous ne pouvons abandonner cette tradition. Aussi, en retour de cette augmentation de prix, si légitime soit-elle, notre revue comptera, dès janvier, un plus grand nombre de pages; elle s'efforcera
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surtout de devenir un organe de haute culture française, s'intéressant à tous les problèmes qui concernent notre race et orientant sa pensée et ses énergies.
Dans ce but nous avons demandé à Vun des membres de notre comité de rédaction de prendre la direction personnelle de la revue, de lui consacrer une part plus grande de son intelligence et de ses activités. M. l'abbé Lionel Groulx a bien voulu accepter notre proposition. Ce choix réjouira sans doute nos lecteurs. Il assurera à notre œuvre une vitalité nouvelle. Secondé par les collaborateurs actuels, comptant que d'autres, attirés par notre but, se joindront à eux, M. Groulx se met aussitôt à la tâche pour réaliser le programme que nous nous sommes tracé.