LES COMMISSAIRES D'ÉCOLES FRANCO-CANADIENS DE LA SASKATCHEWAN
Voici le texte, emprunté au Patriote de l'Ouest du 14 juillet 1920, des vaux adoptés par le congrès des commissaires d'écoles franco-canad iras de la Saskalchewan, tenu à Gravelbourg, au commencement de juillet :
1. — Cette convention réaffirme les droits des pères de famille à donner à leurs enfants une éducation conforme à leurs propres croyances.
2. — Attendu que le français est la langue des découvreurs de ce pays et de ses premiers missionnaires, cette convention est d'avis que ces titres lui donnent des droits historiques indiscutables; elle demande à tous les parents et à tous les commissaires d'écoles de répandre celte vérité dans leur entourage.
3. — Considérant que la plus grande cause de mésentente entre les races française et anglaise au Canada réside dans le fait qu'elles ne se comprennent pas suffisamment, cette convention est d'avis que le français devrait être enseigné, concurremment avec l'anglais, dans toutes les écoles du pays.
4. — Les Franco-Canadiens de la Saskatchewan expriment leur volonté bien arrêtée de continuer à faire apprendre l'anglais à leurs enfants et affirment que cette langue est enseignée en conformité avec la loi dans toutes les écoles de la province.
5. — Les commissaires d'écoles franco-canadiens regrettent de constater les bien pauvres résultats donnés par la plus grande partie des écoles de la province et protestent contre le programme chargé imposé par le Département, programme qui est l'une des causes directes de la faillite de notre système scolaire.
6. — Cette convention demande de prendre les moyens de faire de la profession de l'enseignement une profession stable en établissant :
1 ° Une échelle de salaires basée sur les degrés des diplômes.
2 ° Un système de pension basé sur la durée des années d'enseignement.
3° L'obligation pour les districts scolaires de bâtir des résidences confortables à proximité de l'école pour les instituteurs ou institutrices.
7. — Cette convention regrette que les concours régionaux tenus dans tous les inspectorats donnent trop de place dans leurs programmes aux travaux manuels, aux sports et aux travaux d'agrément et pas assez aux travaux intellectuels.
8. — Cette convention recommande d'établir des concours bilingues interscolaires.
9. — Attendu que l'étude du français n'est sanctionnée par aucun diplôme et que son enseignement est souvent, par ailleurs, une source d'ennuis pour les instituteurs, cette convention est d'avis qu'on devrait trouver le moyen de délivrer des diplômes français, ainsi que des prix, après un examen subi devant un comité désigné par l'exécutif de l'Association des commissaires.
10. — Cette convention recommande l'établissement d'associations de pères de famille pour promouvoir dans chaque district la cause de l'éducation.
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11. — Cette convention recommande aux pères de famille de s'imposer les sacrifices nécessaires pour envoyer leurs enfants à l'école régulièrement.
12. — Les parents devraient s'efforcer de diriger quelques-uns de leurs enfants vers la carrière de l'enseignement, afin de remédier à la pénurie du personnel.
13. — Considérant que le Département, de l'Éducation reconnaît les droits du français à l'école, ce Département devrait voir à l'établissement d'une école normale bilingue où se formeraient nos instituteurs et institutrices bilingues.
14. — Comme même conséquence logique, nous demandons au Département la nomination de deux inspecteurs, un pour le nord et un pour le sud de la province.
15. — Cette convention recommande que la prochaine convention des commissaires ait lieu dans une ville facilement accessible, telle que Régina ou Saskatoon, et que l'exécutif de l'Association des commissaires en fixe la date de concert avec l'exécutif de l'A.C.F.C.
16. — Attendu que l'influence de l'instituteur ou de l'institutrice sur la mentalité des élèves est une chose admise et incontestée; attendu que leur présence à la convention des commissaires ne pourrait qu'être profitable aux uns et aux autres : Cette convention invite son exécutif à adresser des invitations spéciales pour la convention prochaine aux membres de notre personnel enseignant.
17. — Attendu qu'un bon nombre de nos écoles changent très souvent d'instituteurs ou d'institutrices et que ce changement est très préjudiciable au progrès des élèves et à l'efficacité de nos écoles : cette convention invite les commissaires à faire tous leurs efforts pour garder le plus long temps possible leurs instituteurs ou institutrices : elle demande en outre à ces derniers de ne pas changer d'école tous les ans sans raison excessivement sérieuse.
18. — Résolu que les secrétaires des districts scolaires fou nissent au secrétaire de l'Interprovinciale une statistique de l'état scolaire des enfants franco-canadiens de leur district.
19. — Que les districts d'école fassent enseigner le français dans la première heure de la matinée ou de l'après-midi et donnent une demiheure de plus de français prise sur la récréation du midi.
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