‹ L'Action canadienne-française (volume 2)Chapitre 73 sur 104 · C.-A.-M. Paradis, ptre M. G · texte numérisé non relu

C.-A.-M. Paradis, ptre M. G

Nous vous en voudrions de ne pas signaler ici à nos lecteurs, les courageux articles publiés par M. Antonio Perrault sur les agissements de l'Association du barreau canadien. A cette occasion nous nous son mies souvenus, avec une légitime fierté, à la IAgue des droits du français, que le vaillant défenseur des lois françaises fait partie de notre bureau de direction.

Nos publications — Au cours du mois d'octobre, la Bibliothèque de l'Action française s'est enrichi d'un nouve.au volume : Chez nos frères Us Acadiens, de M. l'abbé Emile Dubois. L'ouvrage nous apporte beaucoup plus que de la littérature de voyage. C'est une excellente contribution à l'histoire de notre pays et un hommage pathétique à la résistance acadienne.

"L'Action française publiera; le mois prochain, un article de Sa Grandeur Mgr Latulipe sur le maintien de nos traditions. Nous recommandons à nos lecteurs les études si judicieuses publiées dans l'Action catholique par Al. J.-E. Prince, sur l'enseignement du français, et aussi l'article plein d'idées et de graves réflexions de M. Olivar Aaselin, dans la Rente du 1er octobre intitulé : Les clichés funestes : il nous faut plus d'anglais.

A TRAVERS LA VIE COURANTE

Société En septembre dernier les Artisans canadiens-français

flûtiotlCllc célébraient leur fête patronale. Groupés au pied' des autels, ils ont renouvelé leur serment d'allégeance à l'Église catholique. Ce fut leur premier acte. Mais il ne pouvait être dissocié d'un second. Attachés d'abord à leur foi, ils le sont ensuite à leur langue. A elle aussi ils devaient jurer fidélité. Et c'est leur aumônier, le prédicateur de la circonstance qui, du haut de la chaire, -les y invita chaleureusement.

Du remarquable sermon prononcé ce jour-là par Mgr LePailleur, nous voulons signaler cet appel patriotique. Certes l'orateur était à l'aise pour parler ainsi devant un tel auditoire. La Société des Artisans n'est pas, sur la terre de Québec, une étrangère, un rameau transplanté de quelque arbre lointain. Elle vient en droite ligne du sol montréalais, de l'humus fécond d'où levèrent tant d'oeuvres salutaires. Fondée comme trois ou quatre autres — V Alliance nationale, l'Union Saint- Joseph, l'Union Saint-Pierre — par des Canadiens-français, ce sont des Canadiens français qu'elle veut aider. Ses membres, et non seulement ses membres, mais aussi ses chefs, et ses chefs suprêmes, sont tous de notre race; son esprit et ses cérémonies s'inspirent de nos traditions, ses affaires se transignent dans notre langue, son argent se dépense dans notre pays, ses bienfaits se déversent sur notre peuple, son influence soutient et même, au besoin, défend nos coutumes et nos droits. En un mot, c'est une société nationale.

Ufl SatTYlOïl Le prédicateur voulut d'abord rappeler ce caractè-

t)Qt7iotioiA£ re esseniiel c'e 'a société : « La Société des Artisans dit-il, s'est inspirée du plus pur esprit de patriotisme. Elle respecte les droits et les privilèges de toutes les races, mais elle s'est donné pour mission de protéger ses compatriotes, de défendre leurs droits, d'assurer la survivance des privilèges conquis. Et surtout elle est devenue l'apôtre convaincu de la langue française à travers toute l'Amérique ».

Que ce mot d'Amérique n'étonne pas. De Montréal où est son siège principal, la Société des Artisans, répand en effet ses bienfaits sur tout le continent américain, partout où quelques-uns des nôtres sont établis. Mgr LePailleur en donne aussitôt des preuves : 8 Les Acadiens,

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glorieuses victimes d'un vainqueur qui n'avait pu les détruire, doivent beaucoup de la conservation de leur parler de France à la société des Artisans canadiens français. Un de leurs chefs les plus accrédités l'a déclaré. Et demandez à nos frères de toutes les zones canadiennes ou américaines combien le français chez eux est redevable à notre Société ».

VêTlté à Mais voici que le prédicateur entre sur le terrain pra-

TêtCHîT tique. Savez-vous ce dont il félicite la Société des Artisans, ce qu'il trouve surtout remarquable chez elle à l'heure actuelle, c'est «qu'elle prêche aux Canadiens français que le plus dangereux ennemi de la langue française dans la province de Québec, comme ailleurs, c'est le Canadien français ». Parole d'or ! et que nous voudrions voir gravée en lettres indélébiles sur les murs de toutes nos salles de réunions. Quelques auditeurs se sont peut-être étonnés de cette affirmation. L'explication qui suit a dû les satisfaire. Comment voulez-vous, se demande Mgr LePailleur, que les Anglais respectent notre langue quand il s'en trouve parmi nous qui ne le font pas? Quels sont ceux-là? Ce sont ceux qui « affectent de parler l'anglais », ceux qui « n'obligent point les personnes avec lesquelles ils traitent de parler français », ceux qui « au téléphone et dans les bureaux publics oublient leur propre langue », ceux dont « les en-têtes de lettres, les affiches de voitures ou de vitrine, ne sont qu'en anglais », etc., etc.

POUT le TeSpect Cette thèse nous l'avons souvent exposée ici de notïe ICITISUe m^me- De l'entendre tomber de la chaire de vérité lui donne une force nouvelle. Les auditeurs qui en ont suivi l'autre jour l'éloquent développement sauront sans doute éviter le mal qu'elle dénonce.

Le nombre d'ailleurs augmente de ceux qui ne craignent pas d'imposer le respect de leur langue. Plus l'exemple vient de haut, plus ses répercussions sont profondes. C'est pourquoi nous avons signalé récemment plusieurs gestes de juges et d'avocats; ajoutons-y aujourd'hui celui du juge Monet qui s'insurgeait, voici quelques jours, contre une coutume aussi dangereuse qu'injuste et exigeait, aux Assises, que les actes d'accusation rédigés uniquement en anglais le fussent aussi en français.

TàbleQU Et puisque nous sommes à distribuer des éloges, re-

(l' hotîHeUT produisons tout au long le tableau d'honneur que vient de publier le Droit d'Ottawa. Dans cette ville mi-française, mi-anglaise, la tentation est grande de céder au snobisme et de

renier sa langue. Une campagne énergique se poursuit par un groupe de jeunes pour que les nôtres ne craignent pas d'arborer l'affiche française. Voici celles qu'ils ont relevées sur la rue Rideau :

Labelle et Guertin, avocats; Versailles, Vidricaire et Boulais, banquiers; La Banque Nationale, banque d'épargnes; Belcourt, Ritchie, Chevrier, Leduc, Laurier, avocats; Auguste Lemieux, C.R., avocatnotaire; Napoléon Champagne, avocat; Séguin et Saint-Jacques, avocats et notaires; Henri Saint-Jacques, avocat; Gauvreau et Burns, avocats; J. Wilfrid Gauvreau, avocat-notaire; Glaude's Limited, Habits, pardessus; A. E. Lussier, avocat-notaire; Dr Adolphe Drouin, spécialiste, • yeux, oreilles, nez, gorge; Dr H. A. Chartrand, dentiste; J. E. Blanchet, Merceries; Dr E. H. Dion, maladies des yeux, oreilles, nez, gorge; La Banque Provinciale du Canada; J. U. Vincent, avocat-notaire; La Banque des Marchands du Canada; Mlle B. Barcelo, modiste française; M. R. Lafontaine, libraire; Standard Drug Store, Pharmacie; Dr A. Couture, dentiste; J. D. Grenier, tailleur; Épicerie Pinard; Serré, Grenier & Cie; Dr Achille Pinard, chirurgien dentiste; J. B. V. Laliberté, Salon de barbier; Dr Ravary, yeux, oreilles, nez, gorge; Sauvé et Sauvé, avocats.

Il en reste encore quelques-unes à franciser. Nous espérons qu'elles trouveront bientôt place dans ce tableau.

Pierre Homier.

5 octobre 1920.

La matière s'offre abondante, ce mois-ci, au chroniqueur. Il y a d'abord notre revue qui exige la bonne part de ces pages.

Notre revue — Nous demandons à nos lecteurs, à nos amis, de faire d'ici janvier prochain, un actif travail de propagande en faveur de V Action française. C'est une prière instante que leur nous faisons et c'est une véritable campagne d'abonnements que nous voudrions obtenir. Nous espérons bien que personne ne se laissera effrayer par l'augmentation du prix. Faut-il le dire ? de toutes parts, on nous félicite d'avoir enfin pris la détermination de porter à $2.00 l'abonnement à l'Action française. Voici ce que nous écrit une brave petite religieuse d'Ottawa : « Le bien que fait cette belle et saine revue est incalculable; il devrait

se faire une campagne active pour sa diffusion dans toutes les maisons d'éducation. J'espère que l'augmentation du prix d'abonnement ne diminuera pas le nombre des abonnés. » Pour joindre l'acte à la parole, la même petite religieuse nous envoie deux abonnés nouveaux. Notre bon ami le Dr Saint-Pierre de Ford City, toujours ardent, nous écrit de son côté : « Si quelqu'un de votre comité d'administration s'avisait de porter le prix de l'abonnement à $3.00 ou à $4.00, je voterais des deux mains en faveur de la mesure. Car l'Action française, ça vaut, chaque aimée, pour le patriotisme pratique, cent fois deux piastres. »

Les abonnements — Nos amis n'ont qu'à se rappeler, du reste, que la revue ne hausse pas son prix d'abonnement, sans offrir de substantielles compensations. Elle passera d'abord de 48 à 64 pages. Puis, la partie rédaction sera notablement améliorée. Plusieurs rubriques nouvelles, que nous serons en état de faire connaître le mois prochain, seront inaugurées. Nous le disons ailleurs, l'Action française se propose, par-dessus tout, de devenir, encore plus que dans le passé, une revue extra-québecquoise. Nous sommes en train de nous choisir des collaborateurs bien placés pour voir, chacun en son coin de pays, et des chroniques régulières nous renseigneront, sur toute la vie française au Canada et aux États-Unis.

Uenquêtede 1921 — Mais l'une des principales attractions de la revue, l'année prochaine, sera bien l'enquête très importante qu'elle va tenir sur le problème économique. Chacun sait avec quelle acuité ce problème se pose chez nous, dans notre province. 11 n'est pas un seul de nos intérêts intellectuels ou moraux qui n'y soit lié de quelque façon. C'est ce qui a permis à quelques-uns de nos publicistes, d'écrire parfois, que la question nationale est chez nous une question économique. \J Action française qui ne veut pas faillir à son rôle de revue d'avant-garde, a fait de ce problème le sujet de tous ses articles de tête pour la prochaine année. Pour être assurée de faire œuvre sérieuse et pratique, elle n'a voulu s'adresser, cette fois, qu'à des techniciens qui représenteront chacun une véritable compétence. Le mois prochain, espérons-nous, la revue publiera la liste complète des collaborateurs. Et l'on y verra, entre autres, les noms de MM. Edouard Montpetit, Antonio Perrault, Léon Lorrain, Olivar Âsselin, Emile Miller. Anatole Yanicr, Henri Laureys, Dr Gendreau, Georges Pelletier, Orner H 'roux, etc.

Les retardataires — C'en est assez, croyons-nous, pour stimuler le zèle de nos propagandistes. C'en devrait être assez surtout pour enfin déterminer à solder leur note, tous ceux qui, li'las, doivent encore leur

abonnement de 1920 el même celui de 1919,. Nous sommes Lci en pré-

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sence d'une situation vraiment intolérable. Chacun de nos lecteurs devrait savoir, qu'étant donné le coût élevé du papier et de l'impression, Y Action française ne pouvait, l'année dernière, qu'encaisser chaque mois un déficit considérable, dans l'hj^pothèse même où tous les abonnements auraient été fidèlement payés. Or, si l'on songe maintenant que, depuis quatre ans, nous avons traîné en moyenne un millier de retardataires; si l'on fait le compte des dépenses exigées par l'envoi de notes, de lettres restées toujours sans réponse; si l'on y joint le coût des timbres, le temps perdu par le personnel de nos bureaux, l'on aura quelque aperçu des embarras qui ne sont pas épargnés aux œuvres de pure charité intellectuelle comme la nôtre, vouée aux seuls intérêts du public.

Jacques Brass-ier.

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