UNE MAISON CANADIENNE À PARIS
L'on veut prochainement ouvrir à Paris une maison pour étudiants canadiens. L' Action française, c'est son droit et son devoir, s'en inquiète. L'idée, excellente, recevra une réalisation inacceptable. Le projet, récemment exposé, dévoile de dangereuses illusions. Son exécution réserve de regrettables résultats.
L'Action française veut voir s'achever dans les centres de haute culture la formation de notre élite intellectuelle. Paris mérite la première place dans nos préoccupations de ce genre. Nos jeunes hommes doivent en revenir l'esprit ouvert sans doute à tous les courants supérieurs de pensée, mais surtout pénétrés des vertus de l'âme française. On les envoie là-bas afin qu'ils vivent de la vraie vie catholique et française, non d'une atmosphère anglo-saxonne et protestante. De retour au pays ces dirigeants accompliront une œuvre puissante et saine s'ils la rattachent aux traditions catholiques et françaises de notre race. Elles seules font de notre peuple au Canada le premier représentant de l'ordre. On ira à rencontre de ce but, l'on écartera nos fils de leur mission si on les place, de passage à Paris, dans un milieu aux idées protestantes et saxonnes.
Nous voudrions pour notre part l'ouverture d'une maison où prévaudrait l'élément français, sous une direction stable comme celle que lui garantirait, par exemple, un institut religieux.
Refusons d'aider une institution qui, sous prétexte d'offrir à nos étudiants un gîte, les livrera à l'intérêt des amabilités anglaises et multipliera pour eux des contacts étrangers à la culture française. Ces voisinages sont trop fréquents ici pour qu'il faille en créer de semblables à Paris à l'usage de nos jeunes gens.
Que les Canadiens français, soucieux de notre avenir moral et intellectuel, ne se prêtent point à l'exécution d'un tel projet.
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Bien que sa maladie fût connue de tous c'est avec une douloureuse surprise que nous avons appris la mort de M. Alphonse Desjardins. Il est si difficile de se résoudre à la fin d'une carrière vraiment utile.
L'on peut dire sans redouter l'hyperbole que M. Desjardins fut un grand Canadien. En organisant le crédit du Canada français il contribua à préparer notre indépendance économique. Et sur quelle base employa-t-il sa clairvoyante activité ! Il organisa le crédit populaire, celui qui demeure entre nos mains, qui ne sert qu'aux besoins économiques des personnes, des institutions et des choses de chez nous.
M. Des jardins ne fut pas seulement un enthousiaste coopérateur, il fut un intelligent initiateur. Il étudia toutes les méthodes européennes de crédit agricole et populaire, et, comme il aimait à le dire, ses caisses ne sont ni du Raiffeisen ni du Luzzatti, mais des banques populaires canadiennes où il est tenu compte des circonstances de continent, de lieu et de mentalité.
Ayons pour M. Desjardins, avec les pieuses pensées de solidarité chrétienne qui unissent les âmes, un profond et impérissable souvenir patriotique.
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