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LE PROGRAMME DE L'ÉCOLE PRIMAIRE

Il est, paraît-il, sur le métier. Puisse-t-il en sortir émondé, rajeuni autant que les « puérili » auxquels il est destiné, et adapté à leur taille intellectuelle ! Il n'obtiendra qu'à cette condition l'imprimatur populaire qui, l'expérience le prouve, s'égare rarement.

Sans être, Dieu merci, un partisan du féminisme, j'ai foi, en pareille matière, à la compétence de la mère de famille. A part les grâces d'état, Dieu lui a donné les aptitudes requises pour le rôle auquel elle est prédestinée. Instinctivement, si je puis m'exprimer ainsi, elle préside admirablement à la première formation morale et intellectuelle de l'enfant qui, heureusement, ne s'émancipe guère de sa

tutelle avant l'âge de neuf ou dix ans L'élément

masculin peut lui envier cette supériorité et, en tout cas, doit la confesser humblement.

Tenter de démontrer cette aptitude féminine, équivaudrait à enfoncer une porte ouverte. Regardons plutôt l'une de ces mères chrétiennes, si nombreuses encore, en train d'enseigner à son enfant agenouillé près d'elle, les prières du matin et du soir. Elle procède graduellement, méthodiquement, répète sans se lasser les mêmes mots et ne passe à une seconde prière que lorsque la première est parfaitement ancrée dans la mémoire du bambin.

La langue maternelle est son véhicule naturel et exclusif. A plus forte raison, elle est trop avisée pour commettre l'impair pédagogique de procéder à la fois en deux langues différentes. La méthode bilingue, en pareil cas, elle refuserait de l'expérimenter, même sur les instances de son mari, sachant très bien qu'elle y perdrait son temps,

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qu'elle risquerait de déformer doublement l'âme de son enfant qui, en définitive, ne saurait bien prier Dieu dans aucune langue, et ne remplirait ce devoir qu'à contre-cœur. Cette simple pédagogie est en quelque sorte innée chez les femmes, en général. C'est pourquoi elles procèdent suivant la méthode que je viens de souligner.

En résumé, faire marcher de pair — pendant la première enfance — l'enseignement de deux langues, c'est courir deux lièvres à la fois avec les chances de succès prédites par le bonhomme La Fontaine. Or, le premier stage de l'école primaire est essentiellement le prolongement de la famille; par conséquent, l'enseignement maternel « mutatis mutandis )) s'impose sous peine de faillite.

Le mélange du français et de l'anglais dès la deuxième année du cours primaire, est donc la grosse pierre d'achoppement qu'il faut, à tout prix, éliminer du programme en préparation.

Si l'on s'obstine, les Commissions scolaires chargeront de cette besogne l'arrache-pierres qu'elles savent parfaitement manœuvrer. Les programmes ont cessé d'être sacro-saints : il est périlleux de l'oublier à l'heure actuelle.

Dorénavant, il faut, comme le réclament les prêtreséducateurs, que l'enseignement du français et de la religion ait la place d'honneur dans nos écoles primaires. Tel est le double roc sur lequel doit reposer l'école canadiennefrançaise.

J'endosse donc, sans réser\e, la thèse de Mgr Ross que les critiques n'ont pas même réussi à grignoter. Les pharmaciens de l'enseignement ne sauraient prévaloir contre les professionnels expérimentés. Puis, je termine en faisant mienne la résolution des commissions scolaires de Charlesbourg dont voici la teneur :

« La Commission scolaire du village de Charlesbourg applaudit à l'émondage du programme en vigueur; exprime le vœu que la base de l'école élémentaire reste exclusivement française; que l'enseignement de l'anglais soit suspendu jusqu'au cours moyen; et considère que l'erreur pédagogique du mélange de l'anglais et du français dans la seconde année du cours élémentaire aboutira à un désastre national. »

« C'est pourquoi elle prie humblement le Conseil de l'Instruction Publique de le prévenir coûte que coûte ».

Mgr David Gosselin de la Société royale du Canada Claire-Fontaine : 144, Québec

L'Almanach de C Action Française 1921

vient de paraître. Des milliers d'exemplaires s'envolent aussi vite qu'ils peuvent sortir des presses. Qu'on se hâte de faire sa commande. Une heureuse initiative à signaler est bien celle de M. le chanoine Victor Côté de Rimouski. Il distribuera en primes, un millier d'Almanachs de la langue française, aux premiers abonnés du nouveau journal de la région.

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