RUE SAINT-DENIS MONTRÉAL
publiée par la Ligue des Droits du français est un centre d'action au service de la langue, de la culture et des traditions françaises au Canada.
Les directeurs de la Ligue sont: M. Vahbé Philippe Perrier, président; MM. Anatole Vanier, avocat secrétaire général; Louis Hurtubise, ingénieur trésorier; MM. les abbés Lionel Groulx et Lucien Pinault professeurs à V Université de Montréal; MM. Antonio Perrault, avocat, professeur à V Université de Montréal; Arthur Laurendeau, professeur, Emile Bruchési, avocat, Montréal,
Tous droits réservés — Ottawa 1923
IMPRIMÉ AU DEVOIR 43, RtTE Saint- Vincent
MONTRÉAL
MOT D'ORDRE '-■^^Elir*?^'
de rActlon française
CONTRE LE JAUNISME
L'Action française entend seconder ^ de toutes ses forces^ la campagne qui s'engage pour V assainissement de la presse. Il ne peut y avoir deux opinions sur V exploitation des faits criminels; les journaux qui la pratiquent font une œuvre immorale. Souvent responsables d'incitations indirectes au crime, ils démoralisent toujours en abêtissant l'esprit.
Par quels moyens réagir et supprimer le mal f En faisant appel à la loi? Au bon sens du peuple? A la conscience des éditeurs de journaux f
Nous aimons mieux nous en exprimer franchement : attendre quelque chose des journaux mis en cause serait vraiment naïveté. Ils existent pour spéculer sur le jaunisme et c'est le cas de dire qu'on n'améliore ni la peste ni le typhus.
L'esprit du peuple n'est pas irrémédiablement perverti. Mais le goût morbide qu'il manifeste pour le journalisme faisandé et pour le cinéma violent et crû qui en est la réplique, met la guérison de l'esprit populaire au prix d'une réforme générale des mœurs.
Reste la loi. La loi ne suffit pas à guérir un mal social. Mais est-ce à dire qu'elle ne soit d'aucun secours f Le gendarme mettrait la main au collet du maître d'école qui prendrait l'habitude de raconter à ses enfants les sales histoires de la presse jaune; on mettrait le bâillon au conférencier qui se ferait une spécialité de ces narrations devant les auditoires populaires. Pourquoi la loi laisserait-elle se propager les mêmes perversions sous la forme de l'imprimé f Sévère contre le journal qui s'attaque à la réputation individuelle, pourquoi
l'action française
serait-elle sans glaive contre le journal qui s'en prend à Vâme d'un peuple?
Faisons appel à la conscience populaire et à la protection de la loi. Mais décidons surtout d'en finir avec ce désordre social. Il y faut une campagne à fond, méthodique, persévérante; il y faudra peut-être une alliance plus étroite entre toutes les œuvres, tous les groupes d'action nationale et catholique. Outre l'assainissement de la presse, il nous faut obtenir le respect du dimanche et tant d'autres réformes urgentes. Pourquoi ne pas nous entendre et porter l'offensive sur un même point jusqu'à ce que la trouée soit faite f Pourquoi n^ aurions-nous pas l'unité de front dans le respect des autonomies? Disons-nous que beaucoup de désordres cesseraient le jour où les amis de l'ordre se décideraient à vouloir et à se serrer les coudes.
L'Action française.
Vol. XII, No. 1er