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CHRONIQUE FRANCO- AMÉRICAINE

glomanie, par ranglicisation de Fécole, par Fapathie sociale, par le mariage mixte, les jeunes désirent sincèrement apporter leur concours à l'élimination de ces maux. Ils espèrent que le congrès de la survivance prescrira des remèdes salutaires contre ces causes d'anémie française.

Il se trouve quelques vieux parfois qui ont la faiblesse de croire qu'après eux c'en sera fait de la survivance. Ah ! que ces vénérables vieillards, chargés d'œuvres bienfaisantes pour la cause franco-américaine, ne désespèrent pas trop vite. Quand Dieu veut sauver un peuple, il sait lui susciter, au moment choisi, les chefs nécessaires. Ces chefs, qui vont se charger de l'avenir, sont déjà en voie de se former. Quelques-uns sont déjà dans la mêlée. Ils arrivent mieux préparés. Ils possèdent bien les deux langues, ont toute la fierté de race qu'il faut, sont animés d'un bon esprit de travail et manifestent un intérêt sérieux à la cause qu'ils ont mission de défendre. Un peu partout ils font avec succès l'assaut des postes de gouvernement et d'influence. On en trouve un bon nombre dans les législatures d'État, à la tête des municipalités, dans les conseils de ville, quelques-uns dans la magistrature. D'autres apportent une sincère préoccupation sociale au bien des leurs dans les différentes professions libérales où ils ambitionnent d'exceller. Les étudiants des universités se groupent ^ pour se mieux connaître et s'entraîner à la défense de la question qui reste toujours vitale : la sauvegarde de notre personnalité. Ceux qui sont sortis du collège et se trouvent dispersés aux quatre coins de la Nouvelle-Angleterre se sont réunis en amicale, ^ pour se fortifier par l'union et se rendre

2 Nous voulons parler du Cercle des Étudiants franco-américains fondé à Boston récemment. — (Note de l'auteur).

' Cette Amicale est l'Association des anciens élèves du collège de l'Assomption, à Greendale, Mass. — (Note de l'auteur).

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plus aptes à porter secours à leur Aima Mater et aux intérêts franco-américains auxquels elle est dévouée. L'Union Saint-Jean-Baptiste d'Amérique s'occupe depuis quelques années de la préparation de cadres solides pour l'élément franco-américain, par sa caisse des écoliers et par la création d'une œuvre de secours pour les étudiants pauvres. Tout cela s'apprête à produire de beaux fruits.

Non! Que les vieux qui nous ont fait ce que nous sommes, ne perdent pas trop d'espoir en ceux qui viennent. Les jeunes sauront continuer l'œuvre des anciens en s'inspirant de leur exemple. Ils recherchent leurs conseils et leur expérience et ne veulent pas les voir disparaître sous la tente avant le temps. Les jeunes demandent aux anciens d'avoir confiance en ceux qui viennent après eux et de ne pas considérer leurs activités comme une censure de la direction et des œuvres du passé. Œuvres et direction furent les forces sans lesquelles nous aurions cessé d'exister. Mais vieux et jeunes ne doivent pas oublier qu'à des problèmes nouveaux il faut des solutions nouvelles. Pour nous, le congrès de la survivance s'impose comme un de ces moyens d'action que requiert à tout prix un état de choses nouveau. Notre élément s'est bien tiré d'affaire jusqu'ici. Mais, après cinquante ans d'existence et de travail, nous avons besoin d'un inventaire de nos forces et d'un examen de nos méthodes d'action. Il nous faut cette inspection, pour nous rendre compte de nos acquisitions sans doute, mais aussi de nos faiblesses, de nos pertes, et pour orienter nos esprits dans la bonne voie.

Le congrès peut être tout cela. Les jeunes le réclament parce qu'ils en espèrent beaucoup de bien.

Organisée en marge de toute coterie et dans le seul intérêt national, cette réunion ne peut produire que de magnifiques résultats.

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Pour rorientation de nos forces de survie, Ton voudra préciser, sans doute, le sens de notre fraternité française avec le Québec et les services qui doivent en découler. Il y a des vérités nécessaires que, nous, Fralico-Américains, ne devons pas oublier: ce que nous avons de meilleur chez nous; ce qui nous a permis de survivre, ce qui nous a gardé notre foi et nos mœurs, ce qui a fait de nous une nationalité pouvant se comparer avec honneur à toutes les autres, nous est venu du Québec et de nulle autre source française autant que de celle-là. De même pouvons-nous constater que tous les groupes français du Canada essaimes loin du foyer se tournent aussi vers la vieille province, s'appliquent à maintenir chez eux ses excellentes traditions, et sentent et proclament qu'ils pourront survivre dans la mesure où ils sauront garder les mêmes principes de vie.

Ce sont là des faits qui parlent assez haut pour nous empêcher de faire fausse route. Nous avons des titres historiques qui nous permettent de nous considérer chez nous dans la république américaine. Mais ces titres n'ont de valeur que pour autant que notre histoire se rattache à celle de la Nouvelle-France. N'ayons pas trop peur de ce qu'en pourra penser l'opinion américaine. Un peuple obtient toujours le respect de la saine humanité quand il se glorifie à juste titre de ses nobles origines. Aujourd'hui comme demain, nous n'allons point vers le Québec pour en être moins bons citoyens américains; nous allons y chercher des éléments de culture qui devront enrichir en somme la civilisation de notre grand pays; nous allons vers le Québec pour mieux défendre des biens moraux et des droits que le drapeau étoile s'est toujours fait un honneur de protéger.

Charles Dollard.

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