SECOUONS LE JOUG
On lira, dans cette même livraison de la revue, une remarquable étude sur la pénétratiGn de notre pays par la finance américaine. Il y a là des statistiques qui donneront à méditer, qui sonnent presque une alerte.
Nous croyons qu'un jeune État comme le nôtre ne saurait se passer du capital étranger. Mais nous croyons aussi que le capital étranger ne doit jamais prendre la place du capital national; dans les entreprises qu'il fonde ou qu'il assiste, il doit en définitive concourir au bien public, sous peine d'être un désordre; par-dessus tout il ne doit jamais devenir tellement puissant qu'il crée un sur-Etat économique capable de tenir en laisse l'État politique.
La province de Québec ne s' achemine-t-elle pas rapidement vers ce dernier péril f Plus que jamais l'opinion publique doit se tenir éveillée. Ayons peur des succès trop rapides, véritables défaites qui se soldent par la domination de l'étranger Songeons que notre capital n'est si faible que parce qu'il est inorganisé; une portion trop considérable est encore inactive ou opère contre nous dans des institutions étrangères. Saurons-nous créer des organismes économiques qui orientent toutes nos activités, toutes nos ressources vers les fins nationales f Saurons-nous développer, parmi nos compatriotes, un état d'esprit qui admette spontanément cette orientation ? Disons-nous, plus que jamais, que l'indépendance économique est une condition de survivance.
Dégageons-nous de l'étreinte; secouons le joug.
L'Action française.
Vol. X, No II.
Notre intégrité catholique.