PARTIE DOCUMENTAIRE
Au cours d'une récente conférence à Manchester, N. H., V Action française fut violemment attaquée. Un de nos amis de Manchester, M. Adolphe Robert, nous ayant représenté que ces attaques pourraient peut-être obtenir quelque crédit auprès des gens peu renseignés, notre directeur a cru devoir lui écrire la lettre suivante :
Montréal, 14 septembre, 1923 Cher monsieur Robert,
J'avais déjà lu, dans V Avenir national de Manchester, cette conférence de l'abbé Denis Lamy. Nous avions d'abord décidé de ne point répondre, car si le conférencier a manifestement la volonté de faire le plus de mal possible à l'Action française, il entretient beaucoup d'ilusions sur son pouvoir de nuire. Puisque vous croyez à l'opportunité d'une mise au point, je vous envoie les quelques observations que voici dont vous pourrez vous servir à votre gré.
Notre enquête sur notre avenir politique ne procède point, comme vous le savez, de la volonté d'isoler le Québec après avoir détruit la Confédération canadienne. En prévision d'une rupture probable, nous avons simplement proposé une solution qui nous a paru la meilleure, non seulement pour la province de Québec, mais pour tous les groupes français d'Amérique. Sur la probabilité de cette rupture, personne n'a encore entamé nos démonstrations. Sur le caractère même de notre solution et sur les motifs qui nous l'ont dictée, je me suis exprimé franchement parmi vous, l'automne dernier à Lowell; et vous me permettrez de vous renvoyer à ma conférence sur les Amitiés françaises d'Amérique :
"aSî, nous de T Action française,, disais-je alors, sommes allés chercher sous le cerveau glacé des ancêtres, le vieux rêve qui avait illuminé leur vie; si nous avons dressé comme un flambeau, devant les yeux de nos compatriotes, l'idéal d'un État français, ce n'est pas que nous le croyions d'une réalisation immédiate ni que nos impatiences veuillent avancer d'un jour la réalité; nous avons ressuscité ce programme d'avenir parce que nous le croyons dans la logique des événements futurs."
^^Et nous avons songé d'abord à notre peuple; nous voulions qu'il eût, au sommet de son esprit, pour réagir contre la débilité de son être national, une haute pensée, inspiratrice d'ordre et d'action; nous voulions que se sentant plus maître chez lui, il apprît à ses gouvernants à ne plus traiter